Est-il souhaitable de rassembler les autoédités dans un pôle unique ?

Je pensais faire un édito dans le Mag des Indés autour du débat qui s’est installé cette semaine autour de la fédération des auteurs autoédités, mais comme les avis, les discussions et les positions divergent, j’ai pris le parti d’apporter mon expérience et ma connaissance du sujet ici à la lumière des articles parus sur ces questions qui mettent en évidence des désaccords fondamentaux.

Il y a quelques mois, la romancière Elen Brig Koridwen, m’a contacté alors qu’elle créait la fédération des auteurs autoédités. Ce  projet accompagné d’un site, Les auteurs indépendants  auquel je me suis inscrite, se veut dans un premier temps,  un site de ressources pour les auteurs autoédités et dans un deuxième temps, une organisation avec plusieurs ramifications. Il y a une semaine, Julien Simon (alias Neil Jomunsi) a annoncé la création d’un syndicat des auteurs indépendants l’Alliance des auteurs indépendants (AAIF), auquel je me suis inscrite aussi, Neil ignorant que le groupe d’Elen existait ainsi que certaines autres initiatives, et l’apprenant, a préféré s’effacer au profit de ce dernier.

Je n’ai pas pris part aux débats qui ont eu lieu et continuent. La raison principale de ma non-participation est

1. Parce que je suis en train d’écrire ma Saison 2 de Brooklyn Paradis et donc pas trop le temps même si le sujet semble important.

2. Mon expérience avec le Mag des indés et @Lundiblogs que je gère avec l’auteure Catherine Lang, me donne une connaissance et un recul que trop peu d’auteurs semblent avoir.

De fait, je commencerai par dire que toute initiative est bienvenue puisque tout est à construire dans l’autoédition et je regrette que les personnes avec des projets intéressants comme Elen et Julien soient parfois si mal informés sur ce qui existe déjà et sur lequel ils pourraient s’appuyer afin de reprendre ce qui a marché et laisser tomber ce qui n’a pas marché, ou encore en tirer des leçons positives pour aller plus loin ou trouver plus d’efficacité.

J’aimerais revenir en arrière et faire un historique des initiatives faites depuis 2011 et les groupes ou personnes qui ont œuvré pour l’autoédition. Ces projets sont encore actifs pour la plupart, mais n’ont pas forcement atteint le développement qu’on aurait pu espérer en 2011.

Je vais d’abord revenir sur le Mag des Indés.

Le Mag des indés autoédition

Le Mag est né d’une pratique, ma pratique. Dès 2011, je me suis mis à lire en anglais les livres des auteurs qui s’aventuraient dans l’autoédition, il n’existait rien dans ce domaine en français. Au fur et à mesure de mes lectures et publications, je trouvais dommage qu’il n’y ait pas un blog qui réunissent tous ces billets et infos indispensables aux auteurs Indés. Alors, j’ai réfléchi et j’ai trouvé un moyen simple, mais efficace de partager mes lectures hebdomadaires avec d’autres auteurs Indés, j’ai ouvert un compte Scoopit et j’ai créé le Mag des Indés en février 2014. Sur ce compte, chaque semaine depuis trois ans, j’ai regroupé les meilleurs billets (bien souvent écrit par des auteurs indés) et les informations utiles sur l’autoédition et l’écriture, en anglais au début, puis en français, puisque petit à petit les auteurs français autoédités ont émergé sur les plateformes numériques. Les deux premières années j’écrivais un édito chaque weekend qui est aujourd’hui mensuel. Le succès du Magazine a été immédiat. Au bout de sept mois d’existence, le taux de fréquentation s’élevait de 400 à 1000 visites par semaine. Il y avait donc un réel besoin. Très vite, j’ai invité les auteurs à participer, à m’envoyer leurs liens, ou des articles, des actualités. Bref, tout ce qu’ils avaient envie de partager avec les autres. Sur trois ans, je peux compter sur les doigts de la main, peut-être des pieds, les auteurs qui ont envoyé un article au Mag, et très peu m’envoie le lien des articles de leur blog. Chacun estime-t-il que c’est à moi de trouver leurs articles ? Le Magazine en plus de rassembler toutes les informations nécessaires à un auteur auto-édité fait aussi office de vitrine depuis 2014. L’autoédition est restée peu visible jusqu’à récemment, donc si quelqu’un voulait ou cherchait à connaître ou rencontrer un auteur indé, il lui suffisait de scroller les pages du Mag et il était en mesure de localiser rapidement les sites des auteurs indés actifs et engagés puisque leurs articles y étaient repris.

Je ne suis pas la seule à avoir œuvré pour les indés et l’autoédition. Dès 2013, Bruno Challard a créé le site auto-edition avec quelques fonctions remarquables pour l’époque : une boutique de vente, des promos saisonnières, des échanges de services et un système de mise en avant. L’auteur Charlie Bregman avec le site, Auteurs indépendants , a informé longtemps la communauté et proposé des livres techniques sur l’autoédition et l’écriture. L’auteur Fréderic Clementz a tenu pendant plus d’un an un blog, écrire et s’enrichir très complet sur les étapes de l’autédition aussi bien numérique que papier, Jacqueline et Jacques Vandroux partagent leur expérience d’auteur bestseller sur un blog. En 2014, Laure Lapègue à créer un outil de communication, Booknseries qui permet aux auteurs de trouver des lecteurs, Kouvertures à été créée par David Forrest et propose aux auteurs des couvertures pro à un prix raisonnable pour un autoédité. En 2016 des blogueuses littéraires passionnées ont créé le hashtag #JeudiAutoEdition sur Twitter, compte @JeudiAutoEditio et Cyril Godefroy a démarré ebookbang, une plateforme de mise en avant des promotions d’e-books d’auteurs indés pour le marché francophone, Laurent Bettoni a monté une structure éditoriale intitulée Les indés, une structure au croisement de l’indépendance de l’autoédition et la rigueur de l’édition. Prochainement, le site Indylicious va proposer des services gratuits relations presse et promo pour les auteurs indépendants. Plusieurs groupes sur Facebook, privés ou publics permettent des échanges d’infos et conseils sur des étapes spécifiques de l’autoédition…

D’autres plateformes ou sites nous ont apporté de la visibilité dès les premières heures de l’autoédition, je pense à IDBOOX, MontBestSeller. D’autres sont venus s’y ajouter comme Scribay

Je vais donc présenter le Mag des indés en chiffres ce qui vous donnera une idée du nombre d’auteurs qui s’y informent de manière régulière :

Sur Scoopit

Nombre de vues depuis l’ouverture : 60.7 K  pour le compte dont 60 K pour le Mag des indés le reste des vues allant à la partie tutoriel.

Nombre d’abonnés : 205

Sur Google +

Le Mag y est depuis 1 an. J’ai créé un compte Google + pour le Mag des Indés afin de permettre aux auteurs qui souhaitaient s’y abonner et n’avaient pas un compte Scoopit de le faire.

Nombre d’abonnés : 31

Ça fait au total 236 abonnés au Mag.

Le compte @Lundiblogs géré par Catherine Lang (@ecrivayon) et moi-même (@Qrisimon)

580 abonnés

587 abonnements

4 913 tweets à ce jour

Tous les lundis, vous pouvez tweeter vos articles films, photos… Avec le hashtag : #lundiblogs cela permet d’être retweeté, de participer à la mise en avant d’articles, les vôtres, mais ceux des autres en les retweetant.

Les chiffres ont parlé, il faut ajouter les non-abonnés et les suiveurs occasionnels que je ne peux hélas quantifier. Nombreux des articles sont re-scoopés et partagés sur cette plateforme et sur les Réseaux Sociaux, donnant ainsi de la visibilité à l’autoédition en général et faisant connaître les auteurs qui partagent leur expérience à une audience plus large. Le magazine est en accès libre, ouvert à tous. Et je suis toujours étonnée que les groupes qui se créent ne m’envoient pas systématiquement un article sur la création de leur projet et leurs objectifs afin d’en informer la communauté d’autoédités. Les abonnés du Mag sont à 100 % leur cible. J’ai créé une page, il y a 2 ans sur mon blog, sur laquelle vous trouverez toutes les informations sur le Mag des indés et son fonctionnement, ainsi que sur le fonctionnement de @Lundiblogs

Je ne vais pas argumenter sur les réponses et convictions des uns et des autres déployées autour de la création d’une ou deux fédérations ou syndicats, vous trouverez les liens des articles qui apportent des points de vue au cours de cet article. Je vais seulement partager mon expérience d’auteur qui s’est engagé dans l’autoédition.

Un syndicat des indés ?

Oui – Pour défendre les droits des auteurs, pour peser sur les décisions d’un statut juridique de l’autoédition, pour aussi faire valoir nos droits auprès de syndicats déjà existants comme la SNAC. Les droits des auteurs indés ont une souche commune avec les droits des auteurs. Je constate que les auteurs indés qui font un bestseller sont rapidement publiés par une maison d’édition, donc leur statut juridique change. Le syndicat qui représenterait les auteurs indés doit travailler en partenaire avec un syndicat d’auteurs existant. De fait de plus en plus d’auteurs seront hybrides et de nombreux auteurs ont déjà un statut, salarié, travailleur indépendant, auto-entrepreneur, fonctionnaire, chômeur… À ce propos lisez l’excellent billet de Lizzy Crowdagger qui donne des pistes de réflexions sur ce qu’un syndicat pourrait prendre en charge et défendre : Ce que j’aimerais dans une association (syndicat?) d’auto-édité·e·s

Quelle est l’étape fondamentale pour un livre de qualité : la correction professionnelle et une couverture qui utilise les règles de graphisme de base, mais pas seulement, c’est juste le minimum. Cependant continuer de développer l’initiative de Bruno Challard qui consiste a échanger des services entre auteurs me semble une bonne chose. On ne sait pas tout faire et l’entraide et une des qualités des auteurs indés. Bruno Challard a mis en place d’autres services auxquels, je suis favorable, car ils sont efficaces et pourraient l’être beaucoup plus, si on y passait plus de temps. À continuer, à reprendre, à professionnaliser.

Les divergences ont beaucoup tourné autour d’un label de qualité. Bruno Challard avait créé un label de qualité en 2013. Je me souviens que quelques livres ont reçu ce label, le label a été vite abandonné. Il serait intéressant de demander un retour d’expérience à Bruno et les auteurs qui avaient obtenu ce label pour leur roman. Je n’y crois pas trop à ce label. D’une part comme Julien Simon le démontre dans Pourquoi je suis contre la création d’un label de qualité pour l’édition indépendante, je pense que c’est une attribution difficilement gérable et d’autre part je dirai comme Alan Spade Nous sommes nos propres labels concept qu’il explique dans son article.

De plus, il me semble que la proposition de Laurent Bettoni remplit cette fonction et que donc les auteurs qui se sentent le besoin d’être épaulés dans leur démarche peuvent proposer leur manuscrit à la structure Les Indés.

L’autoédition ne peut pas empêcher les livres mal faits ou médiocres d’exister, de même que l’édition ne semblent pas pouvoir le faire non plus ;) !

Créer des prix et des magazines littéraires est me semble t-il une façon plus efficace de mettre en avant ce qui se fait de mieux en autoédition. Et comme le suggère Alan Spade, un autre auteur qui partage aussi son exérience d’autoédité sur son blog, ces prix pourraient être à l’initiative de lecteurs et/ou de libraires qui vendent nos livres. Il y en a – La librairie Le comptoir Livresque à Bordeaux par exemples qui ne vend que les livres des auteurs et éditions indépendants –. De plus, ils sont d’excellents véhicules de communication auprès des médias.

Quelle est la plus grande difficulté d’un auteur indé après avoir écrit et publié son livre ? Le rendre visible et trouver ses lecteurs. Si vous avez de l’énergie à dépenser, du temps, un talent pour le marketing en ligne, la technologie et la programmation, ou encore l’organisation d’événements, c’est là-dessus qu’il faut plancher aujourd’hui. Créer des outils valables pour nous pour mettre en avant nos livres. Quand je vois le nombre d’initiatives aux États-Unis ou au Royaume-Uni sur ces questions et qu’en France il n’y a presque rien en 6 ans… Je m’interroge. Après 6 ans d’autoédition, je sais ce dont j’ai besoin et ce que j’aimerais trouver en français pour mes lecteurs :

  • Un service qui envoie automatiquement à mes lecteurs qui s’abonnent à ma newsletter le livre que j’offre.
  • Un service qui me permet comme sur Booklaunch par exemples d’avoir une launch page (page de lancement) pro pour chacun de mes livres e la possibilité de collecter leurs adresses emails.
  • Un service de diffusion qui placerait mes livres papier en librairies ou en boutiques.
  • Un service qui me trouverait des salons du livre adaptés à mon genre de livres, à mes thèmes, mes critères, ma géolocalisation.
  • Un site qui vend des articles, des pubs, ou des envois de newsletter à des milliers ou millions d’abonnés lecteurs (un bon service doit vous montrer des chiffres de conversions).

Ce ne sont là que mes suggestions, vous aimeriez sans doute en ajouter, vous voyez donc ce que je veux dire. On manque d’outils pour améliorer notre visibilité, augmenter nos ventes, être plus présents sur le terrain, nous professionnaliser.

À travers Le Mag des Indés, j’ai donné ce que je savais faire, partager des infos, j’ai tenté de donner une image des indés à travers un magazine. Je n’ai fait que partager un talent, nous avons besoin de tous les talents pour construire nos outils, donc toute initiative est bonne. Cohabiter en bonne intelligence, c’est apporter un plus, et non pas refaire ce qui existe déjà.

Je ne suis pas une syndicaliste, je suis une individualiste qui pense aux autres, j’ai pour philosophie le Make it fit. Il y a une dizaine d’années aux puces de Manhattan (le Garage), j’ai remarqué un homme qui se baladait avec une veste très cintrée et neuve, dont les coutures des emmanchures étaient sérieusement déchirées, et dont la longueur des manches tombaient trop courte sur ses poignets. Il était coiffé de longs dreadlocks d’une brillance et d’une propreté remarquable, j’aimais bien son allure, mince et longue. Sa démarche était souple. J’avais l’habitude de le voir tous les samedis. Petit à petit, nous avons discuté, sympathisé. J’ai appris qu’il était photographe de mode, qu’il s’appelait Mark et que ses vêtements reflétaient sa manière de penser et de vivre. Il n’essayait pas de rentrer dans un vêtement, il adaptait le vêtement à lui.You make it fit”  me répétait-il avec cette jolie bouche épaisse et soyeuse. C’est ainsi qu’il se promenait le vêtement déchiré, élégant et fier. J’ai retenu la petite phrase. MAKE IT FIT!

À quoi bon vouloir rentrer dans un moule ? Il serait plus judicieux de fabriquer des outils pour les indés, plusieurs si c’est possible. Toute initiative est bonne, car nous manquons encore de beaucoup de choses. Vouloir regrouper tout en une seule entité est un risque, l’autoédition a plus de chance de survivre si elle possède plusieurs centres, groupes, pôles. L’autoédition grâce à la technologie (numérique, POD, réseaux sociaux) est une irruption dans le système éditoriale. Elle fonctionne bien en système de cellules indépendantes, en réseaux car elle est plus proche de l’ADN d’une guerilla que d’une corporation. Je ne suis pas sûre qu’ele fonctionnerait en une structure qui engloberait entièrement. De plus l’autoédition me semble plus gérable en petites unités qui communiquent, car le bénévolat à ses limites et ne peut être ériger en un système quand le temps de chacun est limité.

J’encourage Elen Brig Koridwen, et Julien Simon à poursuivre leur projet et à les inscrire dans une continuité. Leur projet apportera un nouvel élan d’énergie, de nouvelles solutions, propositions. Ils ne le feront pas seuls, mais avec nous tous.

Le monde du livre s’adaptera à nous, et non pas le contraire si nous voulons durer.

Nous avons une occasion pendant le Salon Livre Paris 2017 de nous retrouver le samedi 25 mars. Je vous invite à l’After Party des Auteurs Indépendants, une initiative de Ghaan Ima, dont ce sera la deuxième année. Venez partager votre talent, proposer des services, échanger des idées, boire un verre, débattre de cette incroyable opportunité qu’est l’autoédition. bestsellers ou débutants nous traversons les mêmes joies et les mêmes difficultés.

Entrée libre de 20h30 à 23h30

After Party Livre Paris 2017

N’hésitez pas à mentionner dans les commentaires les outils que vous proposez ou dont vous rêvez !

 

 

24 thoughts on “Est-il souhaitable de rassembler les autoédités dans un pôle unique ?

  1. Yannick A. R. FRADIN

    Bonjour Chris et merci pour cet article vraiment intéressant, ainsi que pour les liens vers d’autres interventions connexes.
    Make it fit, j’aime bien l’idée, surtout si on peut make it fit together.
    En tout cas, voilà un article précieux pour tout auteur indé ou qui se dirige vers l’auto-édition, ne serait-ce que pour le récapitulatif des différentes initiatives réalisées et les liens pour en lire/apprendre plus.
    J’observe et je participe depuis bientôt un an à mon humble niveau, et j’ai encore appris des choses grâce à ces quelques lignes.
    Pour le moment, je fais partie des auteurs qui se préparent, mais n’ont pas encore franchi le pas.
    Le recul de ceux qui ont déjà de la bouteille est une ressource précieuse, et le partage une valeur que j’encourage et défends.
    Construire ensemble est tout de même plus productif que de reproduire dans son coin ce qui existe déjà, là-dessus je suis tout à fait d’accord.
    L’after party du 25 mars m’aurait vraiment intéressé, mais dommage, je ne pourrai me déplacer que le 27. Au plaisir de se rencontrer un jour, car pour le moment, on s’est simplement “vus” dans les commentaires sur différentes sites et blogs.
    Bien cordialement.

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    1. chrisimon Post author

      Merci Yannick, pour ce retour. Oui, je t’ai vu sur MonBestseller 😉 Ta démarche est intéressante, tu te familiarises avec la scène de l’autoédition, les partenaires. Bonne idée avant de se lancer. Quand je me suis lancée, il n’y avait rien de tout ça en France, seulement l’autoédition papier que je connaissais très mal. Depuis j’ai appris beaucoup de choses, autant sur l’autoédition que sur l’édition. Ça évolue constamment. Pas encore sûre de passer le lundi au salon, tout dépendra des ateliers que j’aurai eu la possibilté de suivre le weekend et du travail à faire en début de semaine. Bon salon.

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  2. Olivier Rebiere

    Merci pour ce long article Chris 🙂
    Pour ma part je pense qu’un “pôle unique” est parfaitement utopique.
    Le monde des indés en France est dans son enfance, il faut donc qu’il passe bientôt à la puberté qui, elle aussi, constitue un âge difficile.
    Et puis il y a bien d’autres pays que la France, heureusement.

    Amicalement,
    Olivier.

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    1. chrisimon Post author

      Bien vu Olivier. Tu as raison, il faut aussi penser “Global” Les francophones et francophiles vivent partout dans le monde et nous devons aussi investir le marché anglophone ! Cet été, je réécris Lacan et la boîte de mouchoirs en anglais, c’est dans mes projets depuis longtemps, mais manque de temps. Je fais tenter de l’intégrer dans mon planning d’été. Merci pour ta participation.

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  3. Mélissandre L.

    Merci Chris pour ce super recap qui résume plutôt bien ce que je pense ! Toute initiative est bonne à prendre. De mon côté, comme Alice, je fais sur mon blog (bientôt vlog) des interviews d’auteurs indés (pas uniquement, j’aime aussi aller interviewer d’autres acteurs de la chaîne du livre pour trouver ce qui nous rassemble.). Travaillant dans la communication et les réseaux sociaux, j’ai planché cette année sur des ateliers de best practices des réseaux sociaux adaptés aux auteurs indés. Malheureusement Amazon a préféré une présentation plus large et plus grand public pour le Salon du Livre, mais je ne désespère pas de pouvoir proposer mes ateliers dans un autre contexte, peut-être en vidéos. L’idée étant que, comme le graphisme, les images qui nous représentent, la qualité orthographique et narrative de nos histoires, notre façon d’utiliser les médias et les outils sociaux rejaillit sur toute la communauté. Fort est de constater (avec notamment le spam sur les groupes fb des auteurs indés) que pas mal d’auteurs ne maîtrisent pas complètement l’étiquette de ces réseaux et leurs leviers d’acquisitions de lecteurs. Je pense à ce qu’il s’est passé notamment entre Alice et certaines booktubeuses à propos de l’After des Indés. Même si cela partait d’une excellente initiative, la forme ne convenait pas et ça a fait un bad buzz monstrueux sur Twitter (des centaines de retweet du message d’Alice et de la réponse de la booktubeuse) et pour le coup, c’est presque toutes les booktubeuses qui boycotteront la soirée. Je pense que communiquer pour la presse et pour les influenceurs, cela aussi s’apprend et je vais essayer d’apporter ma pierre à notre communauté dans ce sens-là. Qu’en penses-tu ?

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    1. chrisimon Post author

      Merci Melissandre. je n’ai pas suivi cette interaction entre Alice et les booktubeuses, mais tu auras l’occasion de m’en parler au Salon Livre Paris. Ton projet et ton idée me semble une excellente initiative. Pas toujours évident d’aborder les blogueurs et les réseaux sociaux sans spammer ou ennuyer les autres. En ce qui concerne Amazon, ce n’est pas vraiment leur souci si on communique bien ou pas, donc je ne suis pas surprise que ton projet n’aie pas intéressé la plateforme. Amazon peut servir de levier à quelques auteurs (c’est une lotterie), et tant mieux, mais pour les autres, il faudra bosser quelques années, écrire plusieurs livres avant de trouver un lectorat adapté à ce qu’ils écrivent et c’est pouquoi nous avons besoin d’outils. De tous les outils possibles. à nous de les inventer. à nous d’en comprendre la valeur et de ne pas penser qu’ils doivent toujours être gratuits. Fonce !

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  4. Anto SASS

    Bonsoir à tous.
    Je tenais à vous dire combien vous m’épates par votre engagement et votre désir de faire avancer les choses et les débats. Je m’en sens totalement incapable, n’étant qu’un clown qui n’arrive plus à prendre les choses de la vie au sérieux.
    N’arrêtez pas, surtout n’arrêtez pas, vous nous êtes très utiles… Et ne vous offensez pas de mes délires, ils ne sont là que pour… Ben pour rien de précis en fait.
    Bises à tous (enfin surtout à toutes)

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  5. Lou Desmurs

    Merci Chris pour cet article ! Je cogite depuis sa lecture sur le sujet. Auteur auto-édité depuis à peine 1 an, j’ai beaucoup appris en me liant sur les réseaux aux autres auteurs. J’ai beaucoup observé aussi. On sent à quel point le besoin de reconnaissance est important. On sent que tout bouge, que tout change, que les indés trouvent leur place petit à petit mais que tout reste encore à faire . Ce “tout” se résume surtout à la présence et la reconnaissance des indés dans le monde de l’édition et donc de la distribution. Parce que la question est là : comment avoir plus de visibilité pour être plus connu du public et donc trouver nos lectorats ? (à l’instar des édités dans les maisons d’édition classiques) Les initiatives qui se mettent en place sont parfois ambitieuses mais me donnent souvent l’impression de rester cantonnées malgré leurs idées (par manque de temps et surtout de moyens) à des regroupements d’auteurs. Je vais continuer ma réflexion sur le sujet et mettre tout ça sur papier. Tenter une approche plus entrepreneuriale. Je cherchais un projet enthousiasmant à mettre en œuvre. Ton article en sera peut-être le point de départ. 😉 Et nous nous rencontrerons certainement à Lyon au Quai du Polar, à la fin du mois, pour en parler.

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  6. Elen Brig Koridwen

    Chère Chris, merci pour ce “mémo”. De retour d’une intervention chirurgicale, j’ai préféré passer la main, comme prévu depuis le début. Mon intention était seulement de donner une impulsion, en espérant que les auteurs verraient que tout cela, c’est faisable, et s’empareraient de ce qui les intéresse le plus.

    Pour ce qui est de l’aspect “syndicat” (indispensable ne serait-ce que pour obtenir des avancées quant à notre statut fiscal), lorsque j’ai osé prononcer ce nom il y a un an, peu d’auteurs y croyaient; on me répondait que les autoédités, indépendants 🙂 par nature, ne sauraient jamais s’entendre. Il me semble que tout cela est aujourd’hui dépassé, tant mieux !

    Ta liste des initiatives existantes sera très utile aux nombreux auteurs qui ne les connaissent pas toutes. C’est parce qu’il y en a eu beaucoup sur l’indésphère depuis des années que je rêvais d’un portail de l’autoédition ; j’ai d’ailleurs invité dès le départ les “pionniers” à y partager leurs liens et leurs articles, et beaucoup d’entre vous, dont toi et je t’en remercie, avaient répondu de façon très positive.

    Sur le label, il y a un malentendu total. L’une de mes propositions consistait en un site-vitrine où serait exposée au public toute la production indé, sans exception, chaque auteur remplissant lui-même la fiche de son ou ses ouvrages. Pour que les lecteurs puissent accéder facilement à ce qu’ils recherchent, de façon très précise, il faut un moteur de recherche (d’annuaire, en fait). Cela permet de trouver, par exemple : un polar écrit par une femme, publié il y a moins de 2 ans, dont l’histoire se déroule dans les années 80 et qui évoque les difficultés de l’adoption… Ce genre de “service”, aucun site actuel ne le propose, mais il me paraît nécessaire pour satisfaire les lecteurs et en amener davantage à l’autoédition.
    Or, pour que les lecteurs exigeants puissent eux aussi accéder facilement à ce qu’ils veulent : des ouvrages de qualité “littéraire”, il est nécessaire d’autoriser les auteurs à accoler ce critère à leur ouvrage. D’où l’idée d’une évaluation à la demande de ces auteurs.
    L’autre volet, c’étaient des prix littéraires : il en faut, il y en a déjà, mais pas encore assez, et aucun centré sur l’excellence littéraire ; or, l’indésphère a des choses à prouver dans ce domaine.
    Mais voilà, quand on parle de qualité, cela provoque des réactions incroyablement hostiles. Je laisse donc à la sagesse collective le soin de régler ces différends, et je retourne à mes propres écrits ! Quoi qu’il sorte de tout cela, ce sera pour le mieux.

    Bien amicalement,
    Elen

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  7. bouffanges

    Merci Chris, pour cet excellent article de synthèse qui a, en plus, le mérite d’exprimer ce que beaucoup ressentent.
    Les initiatives ne manquent pas, mais le plus important reste là: la plupart des indés ont compris qu’il faut s’épauler pour progresser. Les collectifs aident à gagner en qualité et en visibilité.
    Merci encore. Bises.

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  8. Ghaan écrivain

    merci chris pour ce récap précieux. Je suis très impressionnée par ta connaissance et ta vision guerilla me parle (forcément, ancienne militante anarchiste ahah!).
    Perso, j’aimerais bien voir apparaitre ton opinion sur le groupe de discussion facebook: «fédération des auteurs indépendants (discussion)». au moins la liste des choses dont on besoin les auteurs indés. je vois plus cegroupe comme un lieu pour l’autoorganisation.
    Il faut un syndicat? Qui s’y colle selon quelles modalités?
    Il faut un service de diffusion? Qui s’y colle…
    enfin tu as compris!

    Merci d’avoir fait la promo de l’after party. Je vais ramener une clef 4G et voir comment on peut se faire une conf call avec les gens qui ne pourront pas être là physiquement
    on va pas passer la soirée en débats car dans le sondage, la proposition «boire et rigoler» est arrivée largement en tête 😉 mais ce serait bien qu’on discute un peu.
    au moins en petits groupes!

    à bientôt ^-^

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  9. Bruno Challard

    Le “Label Qualité Auto-Edition” a été lancé à une époque où l’on trouvait vraiment n’importe quoi chez les auteurs auto-édités, aussi bien au niveau du contenu que de la forme et cela s’est (sensiblement) amélioré (heureusement) depuis. Il ne faut pas oublier d’autre part, que le label, tel qu’il a été fait, a été créé avant tout pour les lecteurs, afin de leur proposer un minimum de qualité qu’ils étaient en droit d’attendre en achetant un ouvrage.
    S’il n’y a pas eu beaucoup d’élus, c’est d’abord parce que le mode opératoire était assez rigoureux et ensuite c’est que le mode de fonctionnement, au niveau des contrôles, était basé sur le bénévolat. Celui-ci ayant toujours des limites dès qu’il s’agit de pérenniser un projet.
    Alors même s’il s’avère que certains auteurs, font effectivement correctement le métier, il serait cependant illusoire en l’état actuel de croire que tous les auteurs font le maximum pour offrir un ouvrage bien écrit. Il suffit de se promener sur les innombrables forums ou groupes d’auteurs pour constater un amateurisme encore présent chez beaucoup d’entre-eux aussi bien au niveau de l’utilisation des outils de base (traitement de texte, conversion de fichier…), que le fait de devoir faire relire et surtout tenir compte des avis extérieurs (nombreux sont ceux qui ayant relevé et prévenu un auteur des erreurs dans un de ses livres publiés en attendent encore les remerciements – même s’ils ne l’ont pas fait pour ça).
    Je développe d’ailleurs toutes ces considérations (entres autres) concernant l’auto-édition, dans une interview que j’ai donné récemment pour un magazine, et qui sortira bientôt.

    Reply
    1. chrisimon Post author

      Merci pour ce retour Bruno. Et j’attends l’article avec impatience.

      Reply
  10. Vincent Tibeon

    Bel article, qui met en connexion de nombreuses initiatives existantes.

    Pour ma part, je suis J. Simon depuis un moment et j’ai découvert Les Indés de L.Bettoni récemment, lors d’une de ses interventions dans un festival. Par contre, je ne connaissais pas le Mag. Il y a beaucoup à faire pour que l’auto-édition acquière à la fois visibilité et reconnaissance et ce n’est pas évident de s’y retrouver dans la masse d’information O_o

    Merci pour cet article ^_^

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    1. chrisimon Post author

      Bonjour Vincent, le Mag des indés, justement permet de rassembler les infos et donc de faire gagner du temps à tous, le @lundiblogs permet aussi de découvrir des blogs. Il suffit de taper le hashtag #lundiblogs pour voir ce qui circule ! Bienvenu donc et merci de la visite.

      Reply
  11. Alice Quinn

    Bonjour Chris,
    Tes articles sont toujours passionnants, mais celui-là est particulièrement riche, et ça fait toujours du bien de faire un point. Bravo!
    Je viendrai à l’after party de Ghaan, car j’ai le sentiment qu’il va s’y passer “quelque chose”. Une sorte de frémissement.
    Nous autres, les indés, nous devons en permanence circuler avec des antennes, comme les fourmis éclaireuses, puis échanger et créer des passerelles d’info.
    Je voudrais signaler que sur mon blog, j’ai initié depuis janvier 2017 une serie d’interview d’auteur en vidéo. Il ne s’agit pas de conseils. Je pense qu’il y en a assez comme ça, et qu’on trouve à présent tout sur le net, pour comprendre comment fonctionne ce milieu. (tous ceux que tu as cités par ex).
    Je trouve aussi que souvent la littérature est oubliée au profit de “comment nous faire connaître”.
    J’ai eu donc envie de parler de livres, de lecture, d’écriture. Nous oublions cette passion trop souvent occultée par les recettes pour surnager.
    Je ne publie qu’un entretien par mois environ, et je prends bien sûr le temps de lire en profondeur les romans de l’auteur invité afin de pouvoir parler avec lui du fond.
    Ces vidéos sont publiées sur YouTube en plus de sur mon blog. Elles peuvent ensuite être utilisées par l’auteur sur ses réseaux sociaux, son blog, et même sa page auteur sur Amazon, pourquoi pas? C’est bien de montrer une vidéo où on parle de son livre, non?
    Donc je suggère aux auteurs qui désirent avoir cette petite vitrine de me faire part de cette envie.
    Attention, je lis lentement, -j’ai aussi des choses à écrire, et des ouvrages à lire soit pour me documenter soit pour le plaisir, gratuitement) et bien qu’étant une lectrice très éclectique, je ne lis pas TOUT TOUT non plus! Il y a des genres que j’aime plus que d’autres, et il vaut mieux que je me cantonne à eux pour que les vidéos restent dans un climat de “joie” qui se partagera plus facilement. Ça se sent…
    Déjà publiées, les vidéos de Wendall Utroi (janvier 2017) Théo Lemattre (février 2017) La prochaine: Florence Clerfeuille (mars 2017)
    Voilà, j’emmènerai cette proposition-ressource avec moi à l’After…
    Merci pour tout ce que tu fais, Chris,
    à très très bientôt 😉

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    1. chrisimon Post author

      Merci Alice, Fabuleuse initiative ! Je l’ai vu passée et je m’étais juré de regarder un de tes ITW filmés. Pas encore eu le temps, mais je le ferai. Tu as raison sur la littérature, il faut parler de nos livres, de leur contenu, de notre écriture, de notre vie d’écrivain surtout. Entièrement d’accord avec toi. Je multiplie les rencontres car les réseaux sociaux ne valent pas une rencontre avec des lecteurs. Je serai demain au Café de la Mairie, Paris 5e à 20h30 pour vous parler des séries et vous faire découvrir ma nouvelle série Brooklyn Paradis. Tputes les infos : https://www.facebook.com/events/1244043849016738/

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  12. Cyril

    Merci Chris pour l’article. Je pense que tu vas avoir quelques commentaires du type : “Et moi j’ai aussi fait ça”, ou genre “Ce projet marche encore”, mais comme la plupart d’entre nous, ce n’est pas ton rôle de tout savoir sur tout ce qui se passe. Ton activité principale passe avant tout.
    Je te rejoins sur les services qui manquent, et j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice. Ce que j’ai remarqué c’est que ce sont d’abord les initiatives personnelles qui portent leurs fruits. Bookbub, Bargain Booksy et Fussy Librarian ne viennent pas d’un syndicat, pas plus que Instafreebie ou Booklaunch. Par contre, quand je vois le travail régulier de ALLi et son rôle de hub, j’espère toujours qu’une structure similaire voie le jour en francophonie. Un hub, pas un syndicat, pas un rassemblement, pas une association. Quelque chose qui concentre et qui redistribue. Tu le fais déjà au niveau des news de l’autoédition. Je reste observateur de ce qui se développe, je jugerai sur pièce.

    Bonne nouvelle, j’ai commencé à travailler sur un service comme celui que tu évoques en N°1. Pas de date de lancement pour le moment 😉

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    1. chrisimon Post author

      Merci Cyril. Oui, ça serait vraiment génial. Il existe des services en anglais comme bookfunnel, mais beaucoup de lecteurs ne sont pas à l’aise avec l’anglais, alors je pense que ce serait bien d’avoir une interface en français pour les lecteurs pour ce service. Formidable que tu t’y penches. Tu as déjà une cliente ! Je voudrais aussi ajouter que tous ces services ne pourront pas être gratuits indéfiniment, et c’est normal. Comme on l’a vu aux États-Unis, les projets ont effectivement été démarrés par des individus, mais pour se développer et perdurer, les individus doivent se financer, donc les services sont devenus payants au fur et à mesure. Ce qui est normal. Je crois qu’en France, il est difficile de faire accepter aux auteurs que tout ne peut pas être gratuit et qu’ils doivent investir un minimum, en temps d’abord et ensuite en argent. Et franchement, jusqu’à ce jour, les plateformes qui se sont créées et qui proposent des services aux auteurs sont des services très minimaux, aucun ne fournit des services dont nous avons vraiment besoin (dont ceux que j’ai énumérés). Tu es le seul finalement qui propose un truc pro avec ebookgang.

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  13. Zélie

    Super article, j’ai appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas. Même si j’ai déjà entendu parler du mag ou des deux initiatives. Dommage pour l’After Party, je serais déjà repartie 🙁

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    1. chrisimon Post author

      Merci Zélie. Oui dommage. Les blogueuses et blogueurs Littéraires sont bien sûr les bienvenus à cette soirée.

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  14. Nathalie Bagadey

    Super article ! 🙂 J’écris aussi beaucoup d’articles pour aider les indés mais je n’ai pas pensé à les promouvoir dans le mag, notamment parce que je me trouvais “toute petite” par rapport aux Vandroux ou à toi. Je vais essayer de mieux communiquer dessus.

    Et j’espère que les 2 projets pourront coexister car ils ne défendent pas les mêmes idées.
    Bonne continuation ! 🙂

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    1. chrisimon Post author

      Bonjour Nathalie, Tu as bien fait de le préciser. Il y a beaucoup d’auteurs aujourd’hui qui bloguent sur l’autoédition, instruisent et créent une communauté. Tu en fais partie, d’ailleurs je suis inscrite à ta newsletter ! 😉 Je ne pouvais pas vous citer tous, et je voulais me concentrer plus sur les outils. Merci de donner ton point de vue.

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