La série littéraire auto-publiée : un emploi pour les auteurs ?

Volet 5

Plus d’un an est passé depuis mon billet, L’auto-édité numérique : paria ou modèle économique ?  et un premier succès d’auto-édition numérique est finalement arrivé  en France avec contrat de maison d’édition traditionnelle à la clé pour L’auteure Agnès Martin-Lugand et son roman Les gens heureux lisent et boivent du café.  D’autres succès numériques dont on parle moins voient le jour : Un palace en enfer d’Alice Quinn et  La Femme sans peur de Jean-Philippe Touzeau, deux titres qui se maintiennent depuis plusieurs mois dans le Top20 Amazon et démontrent que les auteurs auto-publiés sont capables de produire des livres professionnels et leurs histoires d’intéresser les lecteurs.

Je me défends pas mal avec ma série psy, Lacan et la boîte de mouchoirs. En effet, les séances se maintiennent dans le top20 catégorie Humour. À l’occasion de la sortie de la séance 4, je reviens sur le concept de l’auto-publication comme modèle économique.

Les trois premières séances classement du 2 septembre 2013

Les trois premières séances classement du 2 septembre 2013

Depuis quatre mois, j’écris une séance par mois pour la série que j’ai crée un peu par hasard, un peu par inspiration et un peu grâce à ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux.

Chaque mois donc, je m’assois devant mon ordi et j’écris une séance, un texte de 2 500 à 3 000 mots dans lequel je narre les aventures de Judith chez son psy, Hervé Mangin. Ensuite, je l’édite, le formate, le publie sur la plate-forme Amazon (tous pays) et la bonne surprise : chaque séance se vend.

Les trois premières séances, en vente sur Amazon (tous pays)

Les trois premières séances, en vente sur Amazon (tous pays)

J’ai un emploi !  Je me suis créé un emploi d’auteur à mi-temps (chaque épisode me prend environ deux semaines, formatage et promotion inclus). Je dis emploi, car je perçois mensuellement sur les ventes des droits d’auteur.

J’ai pris un risque, lancer ma série, et chaque mois, je prends un nouveau risque en lançant un nouvel épisode. Je comprends donc pourquoi personne d’autre ne l’aurait pris.

J’aime ce job et je me dis que j’ai eu raison de me l’inventer, car qui l’aurait fait pour moi ? Je ne connais pas un seul magazine papier ou numérique qui me paierait chaque mois pour écrire l’épisode d’une série ou le chapitre d’un roman comme cela se pratiquait au 19e siècle (à un moment de l’histoire où l’imprimerie à grand tirage faisait son apparition).

Séance 4, sortie le 7 septembre sur Amazon (Tous Pays)

Séance 4, sortie le 7 septembre sur Amazon (Tous Pays)

Je n’imaginais pas arriver à la séance 4, je n’imaginais pas que la psychanalyse pouvait intéresser lectrices et lecteurs, je n’imaginais pas que je pouvais gagner de l’argent avec un rendez-vous mensuel, je n’imaginais rien de tout ça, je me dis donc qu’il est normal que personne n’ait encore mis en place une telle revue ou un tel système. Peu d’éditeurs s’aventurent dans la série numérique aux épisodes courts (moins de 5 000 mots).

Je ne gagne pas encore de quoi payer toutes les factures, mais j’entrevois clairement dans ce premier job, l’immense possibilité offerte aux auteurs. Ce que je gagne sera réinvestit dans mon premier roman auto-publié.

Si Twitter, Facebook, la Khan Academy sont des révolutions, en ceci que ces sociétés changent nos comportements et proposent de nouveaux modes de communication ou d’apprentissage, Amazon en est une aussi. Sans faire l’apologie de ce groupe, je reconnais qu’Amazon réinvente la distribution du livre et le métier d’éditeur à travers le numérique, mais aussi à travers son programme CreateSpace. La série Lacan et la boîte de mouchoirs ne pourrait pas être auto-produite professionnellement sans cette plate-forme.

Ma série psy est une improvisation, avec bien sûr une ligne directrice et des personnages définis. Afin de maintenir cette part d’improvisation (jazzing around), je n’écris aucune séance à l’avance. Chaque séance est produite deux semaines avant sa publication. Une semaine pour l’écriture et une semaine pour l’édition du livre et sa promotion. Cette méthode et ce calendrier me permettent d’intégrer des événements de notre vie quotidienne et sociale, de considérer les suggestions de certains lecteurs, de rester ouverte sur le monde.

Les trois premières séances, en vente sur Amazon (tous pays)

Les trois premières séances, en vente sur Amazon (tous pays)

Je m’amuse et j’espère vous amuser avec des choses sérieuses. Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Pourquoi le désir est important dans nos vies ? Comment être mieux avec les autres. Comment gérer nos émotions :  colère, angoisses, tristesse, amour, haine, obsessions ?

La séance 4 sort le 7 septembre 2013.  Hervé Mangin rentre de vacances, il est bronzé, détendu, mais Judith, qui a un faible pour lui, ne l’est pas…

J’espère lectrices et lecteurs que vous serez au rendez-vous.

Je vous souhaite une excellente rentrée 2013 et une excellente lecture.

Séance 4, sortie le 7 septembre sur Amazon (Tous Pays)

Séance 4, sortie le 7 septembre sur Amazon (Tous Pays)

Tu peux faire ta propre psychanalyse, mais tu ne pourras jamais assister à la psychanalyse d’un autre, Lacan et la boîte de mouchoirs est ton unique chance !

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Cinquième volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le volet 1, le volet 2, volet 4, volet 3 et volet 6

10 thoughts on “La série littéraire auto-publiée : un emploi pour les auteurs ?

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  3. Desienne

    “Je m’amuse”
    Je pense que tu as tout dis dans cette courte phrase et c’est effectivement cela la série : beaucoup de fun et de plaisir, parce qu’on peut probablement plus se permettre -se libérer ?- que dans des formats traditionnels.
    Il est possible que cela soit l’une des raisons du succès des séries littéraires qui se vendent plutôt bien.

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  4. Jean-Philippe

    Tout à fait raison Chris ! La série est, à mon avis, un genre qui fonctionne. J’ai appris ça en lisant le blog de J.A. Konrath et c’est ce qui m’a fait arrêter de sortir des histoires en-un-seul-livre. 😉

    Par contre, je pense que ton succès est dû à ton histoire originale mais aussi à tes talents de “marketeuse”. Pas vrai ? 😀

    PS :Merci pour la mention.

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    1. le baiser de la mouche

      Merci pour ce message Jen-Philippe. On ne peut ignorer le succès de La femme sans peur 1 et 2 quand on suit et lit les livres du top20. Je conseille aux auteurs de lire les succès pour mieux comprendre les lecteurs. Bonne continuation avec ta série.C.

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  5. montourcy

    Tu as bien raison Chris et sincèrement, j’aime beaucoup ce type de série car chaque épisode se lit vite et donc, pas le temps de s’ennuyer. Je pense que la mini série littéraire a de l’avenir car si on regarde bien les programmes de télévision, on remarque que les programmes courts marchent bien. On a le temps de s’attacher aux personnages et on est là à l’heure du rendez-vous. En tout cas tout ceci me donne des idées à moi aussi. N’ayant pas le courage d’écrire un roman (pas trop d’imagination en fait), je pense que je vais m’essayer d’abord à une série de nouvelles puis pourquoi pas, une série sur un thème précis. Je te laisse la psychanalyse, tu t’en sors très bien 🙂
    Isabelle

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