L’auteur indé numérique est-il un passionné ou un marchand ?

Volet 6

La SAISON 1 touche à sa fin. La séance 7 sort le 7 décembre et clôturera la saison 2013. En cette fin d’année, je tente un bilan de l’aventure de la série Lacan et la Boîte de mouchoirs SAISON 1

Sortie sur Amazon (Tous Pays) à partir du 7 décembre 2013

Sortie sur Amazon (Tous Pays) à partir du 7 décembre 2013

Du point de vue de l’écriture d’abord :

  • J’écris mieux. J’ai appris à être efficace, à aller droit au but, à ne pas encombrer mes phrases et mes personnages de mots inutiles, à mieux écouter le monde dans lequel je vis et à exercer mon imagination au quotidien. En effet, je ne savais pas d’un mois sur l’autre ce qui allait se passer dans la séance suivante. J’ai donc beaucoup utiliser, tel un musicien de Jazz, l’improvisation comme méthode tout au long de cette série. École de l’écriture et de la vie.
  • J’ai appris mes forces, mais aussi mes faiblesses. Nos faiblesses d’aujourd’hui sont nos forces de demain. Il suffit de les appréhender avec compréhension et les mettre en perspective. De les  reconnaître m’a permise de m’entourer d’autres talents pour y pallier. Je remercie donc les auteurs, lecteurs attentifs, qui m’ont aidés, soutenus aussi bien professionnellement que psychologiquement.

Un auteur comme un acteur, un musicien, un danseur doit pratiquer son art tous les jours. Écrire pour moi est un plaisir, une nécessité aussi.

  • La série, mois après mois, m’a fait mûrir et m’a permis beaucoup plus encore. Je me suis structurée en tant qu’auteur indé et j’ai élaboré de cette nouvelle expérience des techniques de travail et de commercialisation.
  • SAISON I - Dernier épisode  le 7 décembre 2013

    SAISON I – Dernier épisode le 7 décembre 2013

J’ai le sentiment d’avoir appris plus en sept mois que toutes les années passées à écrire et envoyer mes manuscrits aux éditeurs. Mon écriture et devenue plus fluide, plus précise grâce au contact direct avec les lecteurs, échange similaire à l’acteur de théâtre qui tous les soirs sur scène nuance son jeu en fonction du public et de l’humeur et des évènements du jour. Les plates-formes à la manière des cafés-concerts et des petites salles de spectacle offrent une opportunité aux auteurs : celle de se produire, de faire leurs gammes, de tâter le terrain, de tester leurs talents… Mais, vous me direz, le blog permet d’écrire et de publier tous les jours. Oui, mais le blog n’a pas de fin. Un ebook est comme un livre en ce sens qu’il a un début et une fin, il possède un récit structuré. Le lecteur l’achète et donc se commet, ce qui n’est pas forcement le cas pour un blog. La plupart des blogs d’auteurs sont en accès gratuit. Il n’y a donc pas de contrat entre l’auteur et le lecteur.
J’ai aussi appris ce que les éditeurs expérimentés savent. Il faut du temps pour imposer un auteur. Chacun de mes livres rencontre petit à petit ses lecteurs m’indiquant ainsi ce qu’il y a d’unique dans mon écriture, mon univers. Ce qui plaît, ne plaît pas. Autant d’informations, de retours qui permettent d’évoluer.

Forte de cette expérience, je me sens mieux armer pour continuer et produire des livres de plus en plus professionnels tant sur le point du contenu que sur le plan technique. L’édition numérique me passionne, mais je suis avant tout un auteur et mon expérience me montre que chaque auteur peut devenir son propre éditeur avec un peu de travail, de patience et de passion.

Le marché du ebook évolue si vite et va devenir tellement juteux que peut-être dans le futur un des critères de choix pour le lecteur sera l’indépendance de l’auteur. L’auteur indépendant écrira ce qu’il veut, non pas uniquement ce qui se vend, car la tentation va être grande pour tous (auteurs, éditeurs et diffuseurs confondus) de se concentrer sur le gain plutôt que sur le contenu.
Je construis pas à pas mon œuvre, ebook by ebook, avec ou sans éditeur en équation avec les projets, consciente des difficultés, mais réalisant mon désir, celui d’écrire chaque jour de ma vie et toucher le cœur et l’âme d’un autre. Je ne me décourage jamais.

Je voudrais remercier ici toutes les lectrices et tous les lecteurs qui suivent la série Lacan et la boîte de mouchoirs, en font la promotion sur leur blog et dans leur entourage. Tous ceux qui m’ont fait confiance et qui j’espère continueront. C’est à ce jour le plus beau don que l’on m’a fait. Merci.

J’annonce la sortie à partir du 4 décembre 2013 des trois premières séances de Lacan et la boîte de mouchoirs sur Kobo et iTunes, sortie individuelle mais aussi rassemblée en un ebook au prix de 2,99Eur et des bonus (déjà disponible sur Amazon Kindle). Une édition collector dans laquelle vous trouverez les meilleurs articles et entretiens autour de la série.

Sortie le 4 décembre sur Kobo et itunes Déjà disponible sur Amazon.fr

Sortie le 4 décembre sur Kobo et itunes
Déjà disponible sur Amazon.fr

Je prépare aussi la sortie du Tome 1 d’un roman noir et d’aventure avec deux doigts de The Hunger Games et un soupçon d’uchronie.

Dans ce projet qui devrait s’architecturer autour de trois tomes, je me suis penchée sur l’empathie, sa fonction et sa nécessité dans notre société.  Je suis fière de vous présenter la couverture, élaborée par Hervé X. Lemonnier, graphiste, qui avait réalisé la couverture du collectif La Bouche (Gratuit sur Kobo, iBookStore et Amazon). Je suis très heureuse de notre deuxième collaboration. J’espère en parler bientôt avec lui sur ce blog.

Je vous souhaite d’excellentes fêtes.

Sixième volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le volet 1, le volet 2, volet 3, volet 4, et volet 5


SAISON 2 - 6 séances

SAISON 2 – 6 séances

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 novembre 2013.

16 thoughts on “L’auteur indé numérique est-il un passionné ou un marchand ?

  1. Pingback: Les 5 points cardinaux de l’auteur-indépendant ! | LE BAISER DE LA MOUCHE

  2. Pingback: Aujourd’hui sortie Séance 7, dernière séance de la Saison ! | le baiser de la mouche

  3. Damien Personnaz

    Je retiens de ce post le lien étroit existant entre le lecteur et l’auteur et la comparaison avec l’acteur, ce côté théâtre qui suggère à l’acteur (l’auteur) de modifier sans cesse son jeu (son écriture). C’est intéressant comme remarque; cette connivence du donneur et du receveur que l’on ne peut guère goûter en tant qu’écrivain “traditionnel” sauf peut-être lors de séances de dédicace. Je pense que c’est très juste.
    Je pense aussi que le numérique nous pousse peut-être à écrire trop vite, à nous dépêcher tant la joie de voir son écrit disponible sur la Toile est tentante. J’essaie de freiner mes ardeurs et de laisser dans le congélateur quelques écrits mal fagotés pour pouvoir les réchauffer et leur donner une nouvelle fraîcheur, plus aboutie.
    En tout cas, bravo pour cette année féconde.

    Reply
        1. le baiser de la mouche

          Je l’ai lu. Je crois que le lecteur assidu a moins de chance de se tromper sur ses choix de lectures que le lecteur occasionnel, parce qu’il est expérimenté et qu’il a une meilleure connaissance de ce qu’il aime.
          Merci pour ce billet.

          Reply
          1. tassiemGè

            Tu as raison, mais le lecteur expérimenté n’est plus à l’abri de ses erreurs dont le libraire ou la consultation directe de l’ouvrage avant achat le protégeaient.
            Heureusement, de très bons blogueurs ont pris le relais. Il est tout aussi important de les faire connaître car c’est aujourd’hui eux qui font découvrir les auteurs et non plus quelques critiques omnipotents. Bonne semaine.

  4. tassiemGè

    Bravo ! Quel courage, quelle persévérance, mais aussi quel fruit !
    A chacun de nos jours de sortir de sa coquille trop protectrice.

    Je considère tout de même que c’est un vrai gâchis que l’auteur(e) ait à prendre du temps pour tout ce travail d’apprentissage autour de l’édition au détriment du cœur de son œuvre, alors que c’est le travail du véritable éditeur.

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    1. le baiser de la mouche

      Merci pour les encouragements. Un gâchis, je ne suis pas sûre. Il y a dans les maisons d’éditions traditionnelles de nombreux auteurs qui sont éditeurs ou directeurs de publication. Il me semble que l’expérience éditoriale enrichit aussi un auteur, non ?

      Reply
      1. tassiemGè

        Tout nous enrichit. Le temps passé à certaines choses l’est quand même au détriment d’autres. Après, chacun apprécie personnellement son enrichissement. Mais pourquoi faire ce que quelqu’un peut faire de manière, en outre, complémentaire ? 🙂

        Reply
  5. Bruno

    Bravo Chris, que la qualité de ton travail et ta persévérance puisse inspirer plus d’un auteur auto-édité!

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  6. thesfreader

    “L’auteur indépendant écrira ce qu’il veut, non pas uniquement ce qui se vend, car la tentation va être grande pour tous (auteurs, éditeurs et diffuseurs confondus) de se concentrer sur le gain plutôt que sur le contenu.”
    Mais cette tentation existera tout autant pour l’auteur indépendant !

    Quand on regarde le marché auto-publié indé US, on voit bien que certains visent explicitement le gain plus que l’écriture.

    Ce qui n’empêche pas d’ailleurs d’autres de viser l’écriture plus que le gain.

    L’indépendance comme gage de “non commercialité”, je n’y crois plus. Ce qui n’empêchera pas les auteurs qui le souhaitent de tenter le non-commercial, comme certains éditeurs le font depuis longtemps.

    Là où le numérique avance, c’est qu’il donne à ce non-commercial la même visibilité de base et diffusion qu’au commercial.

    En attendant, merci de m’avoir alléché avec “Judaïc park”… me voilà impatient 😉

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    1. le baiser de la mouche

      Oui, la tentation est grande pour tous ! (Greed 😉 !). Contente que cela te donne envie. Je travaille en ce moment sur Judaïc Park et espère le sortir vers noël ! Plus plus tard. Bonne jourée.

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