Revue Rue Saint Ambrosie

Nouvelles des Amériques à la Revue Rue Saint Ambroise

Mais qu’écrivent donc les auteurs des Amériques ?

C’est la question à laquelle l’équipe de la revue Rue Saint Ambroise, revue de nouvelles, a voulu répondre. Il y a deux ans, le directeur de la Revue, Bernardo Toro, lançait un défi lors d’une des réunions du comité de lecture : consacrer un numéro entier aux auteurs de nouvelles des Amériques.

La revue avait déjà pour tradition de publier la nouvelle primée du Prix Juan Rulfo, le prix le plus prestigieux de la nouvelle en Amérique Latine. Hélas, ce prix a disparu en 2014, mais pas notre motivation de faire découvrir les nouvellistes d’autres pays. En cette fin d’année, la revue vous propose un Numéro Spécial Amériques. Vous y trouverez des nouvelles des auteurs de différents pays d’Amérique latine : Chili, Mexique, Argentine… Des auteurs du Canada et des États-Unis.

J’avais la charge de sélectionner les textes d’Amérique du Nord. Le choix n’a pas été facile puisque de nombreux critères, au-delà de la qualité du texte, limitaient ce choix. Les auteurs devaient être contemporains, vivants et reconnus dans leur pays, mais pas forcément en France. Le premier auteur auquel j’ai pensé de suite a été, bien sûr, Alice Munro, qui il y a deux ans n’avait pas encore reçu le prix Nobel de littérature et qui restait encore peu connue en France et peu traduite. Depuis 2014, Alice Munro a été révélée aux lecteurs du monde entier et c’est tant mieux.

De même que l’auteur Mavis Gallant, était encore vivante quand j’ai pensé à elle. Mavis Gallant a écrit essentiellement des nouvelles et a vécu en France pendant plus de 50 ans, bilingue anglais-Français, bien qu’elle ait écrit en anglais toute sa vie, Mavis Gallant est une auteure anglophone incontournable à mes yeux. Je regrette qu’elle soit morte avant que ce numéro ne sorte, j’aurais eu un grand plaisir à la rencontrer. En effet, Mavis Gallant nous a quittés le 18 février 2014. La nouvelle qui vous est proposée dans ce numéro est une des premières nouvelles qu’elle ait publiées dans The New Yorker, un magazine mythique à New York, qui existe toujours aujourd’hui. Nombreux auteurs y ont fait leur début comme Dorothy Parker, Eudora Welty, Alice Munro (bien sûr), John Cheever, J.D. Salinger, Vladimir Nabokov et bien d’autres… Pour toutes ces raisons, j’avais vraiment envie de la faire connaître à nos lecteurs.

Vous découvrirez trois autres auteurs anglophones dans ce numéro, trois américaines Amy Hempel, Jamaïca Kincaid et Deborah Elliott Deutschman. Je salue au passage les traducteurs des textes anglophones, Éve Vila, Joël Boulvais et Ulysse Lhuilier ,qui ont fait un excellent travail.

D‘autres critères sont venus s’ajouter à la longueur des textes, les nouvelles anglophones sont en général beaucoup plus longues que les nouvelles de langue française, jai donc dû exclure certains textes que j’aimais beaucoup, mais qui par leur longueur auraient conduit à publier moins d’auteurs et pour finir des restrictions budgétaires ont arrêté ma sélection à cinq textes. Cependant, et malgré tous ces critères, j’ai pu faire des choix de qualité et de cœur et j’espère que vous aimerez comme moi ces textes et ces auteurs.

La nouvelle américaine s’intéresse plus aux relations entre les êtres, aux émotions, aux situations, au rapport de l’homme à son environnement qu’à l’exercice de style, et pourtant comme vous le constaterez lors de votre lecture, le style n’est pas absent de ces nouvelles. J‘aurais aimé vous faire découvrir tous les nouvellistes que j’aime et lis régulièrement, mais un numéro n’est pas assez grand pour ça. Ce sera pour un prochain numéro ! Dans un de mes ateliers d’écriture en 2013, j’avais fait découvrir aux participants des nouvelles d’Eudora Welty et de Flannery O’Connor, ils avaient beaucoup apprécié à la fois, les sujets, les univers, la densité et la profondeur des personnages. La nouvelle des Amériques se porte bien aujourd’hui, les auteurs de ce format  foisonnent, vous retrouverez dans ce numéro une nouvelle de l’auteur Chilien, Roberto Bolaño et de bien d’autres auteurs de langue espagnol reconnus dans leur pays respectif.

La nouvelle n’est pas un genre mineur, elle est à l’origine de nombreux développements littéraires. Les nouvelles d’Edgar Allan Poe n’ont-elles pas inspiré le roman policier et le thriller ? Les nouvelles fantastiques de Maupassant (la Horla), de Gautier, Nerval n’ont-elles pas inspiré les récits fantastiques modernes ? La nouvelle permet par sa brièveté de créer de nouvelles formes, de traiter de nouveaux sujets, elle est un véritable laboratoire de style et de structures romanesques ou pas, mais aussi une fin en soi pour certains auteurs. L’œuvre d’Alice Munro, de Borges ou celle de Mavis Gallant le prouvent.

Je vous laisse découvrir ce numéro qui commence par une excellente introduction de Bernardo Toro et vous souhaite une excellente lecture et de belles découvertes.

Revue Rue Saint Ambrosie

Le numéro peut être commandé dans toutes les librairies ou sur le site de la revue Rue Saint Ambroise.

Et vous aimez-vous les nouvelles des Amériques ?

 

 

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