Offre Eclair Kindle : tremplin vers le succès ou grande braderie ebook ?

Je rebondis sur un article de Laure Lapègue que j’ai trouvé pertinent et qui m’a fait m’interroger sur la publication de mon dernier roman : Quel prix donner à l’écriture ?

Laure Lapègue propose que la valeur d’un livre dépend de l’éditeur ou de l’auteur (s’il est indépendant) et de l’investissement qu’il a pu faire dans son livre autant au niveau de l’écriture que de la mise en forme et son lancement, je la cite : ” Certains éditeurs ou auteurs professionnels peuvent avoir une approche très peu valorisante de leur travail et publier des livres très pauvres, tandis que des auteurs indépendants peuvent être très exigeants vis à vis d’eux même… et vice versa ! Cette donnée est liée à la valeur que l’auteur lui même accorde à son oeuvre, à l’argent ou au temps qu’il va consacrer à l’amélioration de son écriture ou à sa mise en lumière…  ”
Je suis assez d’accord avec cette idée, car le temps que l’on passe non seulement à écrire, mais à la phase d’édition en elle-même est énorme et les coûts sont réels (mise aux formats, correctrice, couverture, promotion, pub Facebook ou autres actions promotionnelles, autant d’étapes qui ont un coût et nécessitent budget et/ou temps.
La valeur marchande de nos livres repose donc sur un ensemble de phases de travail qui s’évalue et définit leur prix de vente.

En septembre, j’ai eu la chance d’avoir une Offre Eclair Kindle sur Amazon sur mon dernier roman Mémorial tour. Le roman se vendait bien et régulièrement. Sorti en mai 2016, il était en train d’atteindre les 500 exemplaires numériques vendus début septembre sur la plateforme (pages lues incluses).
Une Offre Eclair Kindle veut dire qu’Amazon met votre roman version ebook à 0,99 pendant 24h sur sa plateforme, envoie un email à tous ses lecteurs abonnés à l’Offre Eclair les prévenant de la promotion. Jusqu’au 1er septembre 2016, Kindle proposait seulement deux Offres Eclair par jour, maintenant Amazon propose  3 Offres Eclair/jour, le 16 septembre date de l’Offre Eclair de Mémorial tour, il y en avait donc deux.
Si on considère la valeur de mon livre : 3 ans d’écriture, 4 Beta-lecteurs, une correctrice, un designer qui a fait la couverture, on réalise de suite le coût du roman. On se dit que 0,99 cents est ridicule, mais en même temps une chance d’être très visible pendant 24h n’a pas de prix.
Le jour de cette mise en avant donc, Mémorial tour a fait un excellent score 348 ventes en 1 journée, le roman s’est hissé numéro 1 dans le top100 général (ci-joint la photo souvenir)

MT Number 1 Kindle 16 septembre
Le lendemain il était numéro 2, ce qui me fait dire que ce score était excellent. Seulement voilà ce deuxième jour, le prix du roman revenu à son prix normal : 2,99 n’a fait que 11 ventes. La vente du livre est passée de 348 à 11 unités, une chute vertigineuse. Les jours suivants, les ventes sont retombées au rythme d’avant la promotion, c’es-à-dire dans une fourchette de ventes de 0 à 7 par jour.
Le livre à 0,99€ semble avoir intéressé des lecteurs qui voulaient le lire mais apparemment uniquement à ce bas prix et la visibilité, durant un weekend pourtant, n’a pas créé un effet boule de neige. Mon roman a disparu du top100 général au bout d’une semaine.
Une promotion qui a bien donné une visibilité au sens ou le roman est resté 3 jours dans le top 20 (première page), mais qui n’a pas déclenché un regain de ventes au prix normal (2,99€). Toutefois, le roman à reçu depuis le 16 septembre, 8 nouveaux commentaires, tous positifs.
Ces résultats me font m’interroger sur les différentes formes de promotion possibles : Baisse de prix versus publicité ? Baisse de prix versus communication ? Baisse de prix versus chroniques sur des blogs littéraires ? la baisse de prix étant très pratiquée par les auteurs indépendants et même par certains éditeurs comme Bragelonne sur les plateformes numériques, on se dit qu’elle a dû faire ses preuves !
Depuis cinq mois, j’ai utilisé une palette d’outils assez large pour la promotion de ce roman : newsletter, blogging, pub Facebook, communauté MonBestSeller, communauté Wattpad, réseaux sociaux, SP aux blogueurs, conférences, lectures et rencontres avec les lecteurs, mise en vente de la version papier dans des librairies ciblées, et une Offre Eclair.
Je ne peux pas dire qu’aucun de ces outils n’ait pas apporté quelque chose, mais aucun n’a déclenché de ventes en masse, sauf la baisse du prix sur une journée. Je me demande si j’avais laissé le roman au prix de 0,99€ quelques jours de plus, si l’effet boule de neige aurait pris, sachant qu’Amazon lance chaque jour 3 offres éclair à 0,99€ et que le lecteur ne peut acheter plus de 4 ou 5 livres par jour même à 0,99€, un budget de moins de 5 euros par jour, c’est peu, mais quand et comment le lecteur aurait le temps de lire autant de livres ?
348 livres vendus en 1 jour, c’est déjà beaucoup ! Ce score montre la puissance de la plateforme Kindle, mais cette puissance ne garantie pas une vente en masse ou le succès du livre. C’est comme au loto, tu joues, tu gagnes ou tu perds ta mise.
Un mois après, je n’estime pas que j’ai perdu ma mise, puisque le roman a reçu 8  commentaires positifs supplémentaires. Sur les réseaux sociaux, des «followers» me signalent régulièrement lire mon livre, donc des effets à retardement sont encore possibles. 5 mois après, le roman continue de se vendre, une moyenne de 2 par jour (incluses les pages lues).
Cependant cette expérience me fait m’interroger sur la promotion de nos livres. Une grande braderie n’est pas une garantie de vente et n’est peut-être même plus une garantie d’être lu. Si une promotion d’Amazon ne fait pas vendre mon livre, c’est qu’il n’a pas rencontré un nombre suffisant de ses lecteurs sur cette plateforme. Plusieurs conclusions sont possibles :
• Mon roman ne correspond pas au dénominateur le plus commun des lecteurs de cette plateforme
• Mon roman est un livre de niche
• Mon roman est à progression (bouche à oreille) lente.
Il y aurait encore d’autres possibilités, mais le taux très élevé de commentaires 61 à ce jour, dont 46 cinq étoiles, me permet d’opter plutôt pour ces conclusions. D’autant plus que Mémorial tour a eu un impact réel sur la vente de mes autres livres cet été. En effet, un regain de ventes sur ma série Lacan et la boîte de mouchoirs et même des ventes sur mon recueil de nouvelles Le baiser de la mouche, titre qui ne se vendait quasiment plus, m’amène à conclure que de nouveaux lecteurs ont apprécié suffisamment ce roman pour vouloir lire un autre de mes livres.
Tous les livres ne se valent pas, tous les livres ne se lisent pas de la même manière et le lecteur décide de lire le livre qui correspond à son état d’âme et sa disponibilité du moment.
Mon expérience en maison d’édition m’a renseigné sur une chose, il faut aller chercher le lecteur partout où il se trouve. Pour des livres comme Lacan et la boîte de mouchoirs et Mémorial tour, les ventes numériques ne suffisent pas à les faire connaître à un plus large public. Rappelons que 95 % du marché du livre reste en papier. En tant qu’auteur indépendant, j’ai envie d’être sur ce marché, d’une part pour pouvoir rentabiliser mes investissements donc la valeur de mes livres (en partie, afin de pouvoir réinvestir dans l’édition des livres suivants), d’autre part, pour trouver tous mes lecteurs et non pas mes lecteurs sur 5% du marché.
Il me faut donc trouver de nouvelles stratégies, développer la présence physique de mes livres.
J’ai demandé à Laure Lapègue, auteur de polars, et fondatrice de Booknseries, de qui j’ai bénéficié d’une excellente expérience de stratégies de communication sur mes livres précédents, de me donner son analyse et point de vue sur mon expérience autour de Mémorial tour. Voici ses réponses :

Bonjour Chris, et tout d’abord merci de me laisser m’exprimer sur ce sujet non seulement en tant qu’auteur mais aussi en tant que prom’auteur !
Concernant le phénomène de la promo Amazon, mes longues années d’expérience dans le  domaine du marketing m’ont amenée à travailler très souvent avec la grande distribution. Or s’il est une chose dont je suis sûre, c’est que la force de cette dernière réside principalement dans la diffusion et la promotion … de ses propres marques ! Un client Amazon, Fnac ou Cultura… est d’abord démarché par une enseigne sur la base d’une mécanique promotionnelle qui appartient au distributeur (en l’occurrence le prix cassé pendant 24 H avec annonce via newsletter). Ce que le client achète, c’est la promotion, pas l’auteur. Et plus le livre devient un consommable, plus cette tendance s’accélère.
De ce premier point on peut tirer une leçon : la promotion est, par définition anonyme et éphémère. Elle créée un pic dans les ventes mais si on n’a rien mis en place à côté, il n’en restera pas grand chose, en tous cas pas beaucoup plus que ce qu’il y avait avant. Pendant ce temps l’enseigne, elle, gagne des parts de marché, fidélise et accroit son trafic… ce qui est son objectif premier car, je le rappelle, nous ne parlons pas ici d’un éditeur mais d’un distributeur !

Une vie meilleure de Laure LapèguePlus d’info sur le site de l’auteur

Sachant cela, le fait d’avoir sa propre plateforme d’auteur, en plus d’un diffuseur, et de faire toutes les démarches de communication (via newsletter, réseaux sociaux…)  pour exister en dehors des « market place »  me paraît indispensable. De plus, comme je le dis souvent aux auteurs, je pense qu’il est beaucoup plus gratifiant d’adresser directement son lectorat, d’apprendre et de s’enrichir des échanges avec des auteurs, des lecteurs ou des blogueurs, que d’attendre en tremblant le prochain commentaire Amazon…

Concernant Memorial Tour,  mon avis est qu’effectivement, à ce prix et au vu des très bons commentaires qu’il a obtenus, il n’est pas étonnant que les gens l’aient acheté très facilement. Mais l’effet booster était-il principalement dû au prix ou à la newsletter envoyée ? Je ne suis pas sûre qu’en laissant ton livre à 0,99€ les gens auraient continué à l’acheter en volumes. Pourquoi ? Parce qu’ils n’en n’auraient pas été informés de façon aussi massive et n’auraient donc pas eu ce sentiment de profiter d’une « super offre à saisir ».

…Ce qui pose aussi le problème de la valeur. La promotion fonctionne uniquement parce qu’elle baisse le prix sans baisser la valeur (du livre). Si on reste constamment à un prix très bas, on s’expose donc à un double problème : d’une part l’effet promotion ne fonctionne plus et d’autre part, le livre très peu cher (au moins en France) risque d’être perçu comme un mauvais livre. Je ne dis pas qu’il faut se permettre de pratiquer des tarifs d’ebook d’éditeurs pour augmenter la valeur perçue… (d’autant qu’ils ne sont pas forcément justifiés) Mais dans le cas d’auteurs indépendants ayant une démarche professionnelle, ce qui est ton cas, un ebook ne devrait pas, selon moi, descendre au dessous d’un certain prix (hors promotions très momentanées). Tu sais, c’est un peu comme pour le vin : quand on l’achète un peu au hasard, le bon prix, celui qui garantit la qualité minimale attendue,  n’est pas le plus bas, ni le plus haut : c’est celui qui se situe au juste milieu !

À cela s’ajoute une autre donnée intéressante et que tu as soulevée : celle de la valeur du  papier.
Le papier est à mon avis incontournable pour crédibiliser la valeur d’un livre et maintenir son niveau de prix, surtout dans un pays comme le nôtre, où la littérature reste un domaine traditionnellement intouchable. Comme tu le soulignes, la majorité des lecteurs sont attachés au papier ; c’est d’ailleurs pourquoi j’ai toujours voulu que les serial-lecteurs puissent choisir entre e-book ou papier via mon site booknseries.fr.

Si on en revient à ta promotion, le fait que le ebook soit un objet dématérialisé a forcément réduit l’impact qualitatif des ventes que tu as faites. Imagine, si 348 personnes avaient à présent ton livre sur leurs étagères ! L’objet serait là tous les jours pour leur rappeler ton nom. Il serait aussi certainement déjà lu par tous les acheteurs mais aussi prêté à des proches… Dans une liseuse, le livre n’a pas une présence physique aussi forte et il reste souvent là longtemps sans même être lu !
L’objet livre est aussi une façon de prouver au lecteur l’investissement de l’auteur et de justifier d’un certain prix de vente. Une belle couverture, une belle mise en page, une impression… tout le monde sait que cela a un prix.
Enfin, le livre papier est un outil d’auto-promotion très fort et totalement complémentaire de la promotion faite en ligne. Je conseille toujours aux auteurs d’avoir en permanence une de leurs œuvres sur eux ; cela leur permet d’affirmer immédiatement la réalité de leur statut d’auteur, de prouver concrètement la qualité de leur travail et de saisir toutes les opportunités de visibilité ou de vente en dehors d’internet (librairies, dédicaces… ou soirées entre amis !). Et le coût de l’impression à la demande ayant beaucoup baissé, il est tout à fait possible de se faire un petit stock sans se ruiner.

Booknseries promo d'auteurs

Pour finir (car j’ai déjà beaucoup parlé) et pour en revenir à Mémorial tour je suis d’accord qu’il ne s’agit ni d’un Divergente, ni d’un Fifty Shades of Grey (est ce une mauvaise chose ?)  mais je ne pense pas que cela te pénalisera… au contraire ! Dans un contexte où les livres standardisés se multiplient, certains lecteurs ont effectivement tendance a consommer un genre grâce aux promo à 0,99€ … Mais si l’auteur est moyen, il ne s’en souviennent que comme d’un hamburger avalé dans un fast-food ! De plus, beaucoup de lecteurs sont encore heureusement à la recherche de nouveautés ! Ton écriture est originale, les thèmes que tu abordes le sont aussi. Je pense effectivement que tu fidéliseras ton lectorat grâce à cela et que c’est cette différence qui t’amènera au succès. J’ai, lorsque j’ai publié Lacan et la boîte de mouchoirs sur booknseries, fait un parallèle entre ton écriture et les films de Woody Allen, alors je vais, si tu le permets, pousser plus loin encore la comparaison… Au début on trouvait que ce qu’il faisait était bizarre… Ensuite il a connu un gros succès … et puis il a continué à faire son truc, en indépendant, et hyper régulièrement, en ne faisant pas toujours des box offices mais en drainant un public de fans croissant… Or aujourd’hui, est-ce que quelqu’un peut encore ignorer la sortie d’un film de Woody Allen ?  Mon sentiment est que la persévérance, l’originalité et une certaine indépendance de l’auteur sont les clés d’un succès durable et satisfaisant. Qu’en penses-tu ?

Tu vois probablement juste, Laure et merci pour tes réponses. En effet, le succès soudain d’un livre est un accident et un auteur, comme tout artiste, a plutôt intérêt à envisager son écriture dans la durée (long run). Il doit persévérer et préserver son désir d’écrire quel que soit le résultat immédiat.

J’espère que les réponses de Laure Lapègue vous éclaireront sur vos questionnements autant qu’elle m’éclairent.

“pour en savoir plus sur les services de conseil en communication d’auteur proposés par Laure Lapegue cliquez ici :  http://www.booknseries.fr/offres/

Et vous comment analysez-vous le lancement de vos livres, quelles sont vos stratégies ? Long run ou short run ? Comment mesurez-vous chaque petit succès de votre parcours ?

Memorial tour de Chris Simon

NOUVEAU ! En vente en librairie sur Paris :
Librairie du Temple et la librairie du Mémorial de la Shoah, un marque-page offert.

 

12 thoughts on “Offre Eclair Kindle : tremplin vers le succès ou grande braderie ebook ?

  1. Alan Spade

    Cela ne t’étonneras pas Chris, mais sans le long run, je n’existerais pas en tant qu’auteur. Je n’ai jamais eu d’offres éclair Amazon sur mes livres (j’ai eu un bon coup de pouce de Kobo/Fnac, en revanche) et, comme je l’écrivais dans un article de blog récent ( http://alanspade.blogspot.fr/2016/09/les-lecteurs-ne-nous-doivent-rien.html ), mes sorties de livres ont toutes été plus décevantes les unes que les autres.

    Je dirais en ce qui me concerne que ce qui me maintient à flot et me fait connaître, ce n’est pas seulement l’écriture sur le long cours, mais l’écriture accompagnée de promo sur le long cours.

    Le paradoxe de ma situation, c’est que je ne fais aucune confiance en ma chance dès lors que je sors un nouveau livre, mais que chacune de mes ventes en dédicace est liée à la chance. En cela, je m’estime être un auteur très chanceux!

    Si je compare avec mon expérience de journaliste pigiste, je dirais qu’il faut être encore plus combatif dans l’écriture et dans la publication de livres que dans le journalisme.

    Enfin, ce que disait Laure, le contact avec le public de lecteurs, est très important et pourrait faire l’objet d’un article de blog à lui tout seul.

    J’ai par exemple mis en place une newsletter, et d’autres contacts en fonction des séances de dédicace, mais je m’aperçois que le contact des lecteurs par email n’est pas naturel chez moi, et nécessite à peu près autant de remise en cause que le travail sur un roman. Là encore, je crois qu’il faut expérimenter pour voir comment obtenir davantage de réaction.

    Le contact avec les lecteurs relève aussi d’un apprentissage, c’est ce dont je me suis aperçu cette année.

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    1. chrisimon Post author

      Bonjour Alan, Oui,Je me souviens avir lu ton article il y a quelques mois et je suis d’accord. Question promos, j’en viens aux mêmes conclusions qe toi en ayant une expérience opposée : j’ai commencé par l’autoédition de livres numériques alors que tu as commencé par l’autoedition de livres papier. Le rapport aux lecteurs est sans doute le lien le plus important pour un auteur qu’il se passe en salons ou via emails et c’est bien là qu’il nous faut innover. Toutes les idées et échanges peuvent être utiles entre nous dans ce but. Merci pour ton échange et ton commentaire.

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  2. Ghaan écrivain indé

    Et bien voilà. Un des articles les plus intéressants que j’ai jamais lu sur la toile.
    Donc un gros merci à toi pour ton retour d’expérience et ta franchise ainsi qu’à Laure pour sa vision de prom’auteur. ^-^
    Lorsque j’ai bénéficié d’une offre éclair sur le chat dragon, j’ai eu exactement la même courbe que toi (bien plus basse 😉
    J’ai tendance à croire qu’avec la même visibilité, un auteur de romance ou de thriller aurait amorcé la pompe (si quelqu’un de ce genre passe ici, je veux bien un exemple 😉 Car ce sont les deux genres les plus lus, pas seulement en numérique, pas seulement sur Amazon, mais tout court.
    Comme le dit si bien Laure, un auteur de niche construit son petit nid et ça ne l’empêchera pas de devenir incontournable avec le temps. Tout auteur a son public quelques part, il suffit de le trouver ou plutôt de le rassembler un par un comme un border colley rassemble des moutons en leur courant après (oh! l’horrible image mais j’ai pas trouvé mieux!)
    Mais perso, j’aimerais bien quelques méthodes pour accélérer le temps 😉
    Et là je vais dire un truc horrible sur un blog d’indé. Mais dans un cas comme le tien, trouver un éditeur qui publie des livres pile dans ta niche ne pourrait pas t’aider à faire un bon en avant pour rencontrer ton lectorat? Quitte à redevenir indé pour les prochains titres… C’est ce que je réfléchis à faire pour mes romans manga…
    Et puis, la pub facebook, si on sait l’utiliser ne pourrait-elle pas permettre d’atteindre son lectorat? J’y pense de plus en plus aussi.

    En tout cas, je vais continuer à suivre tes stratégies avec attention!
    bonne chance à toi dans tes projets, et à laure aussi 😉

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    1. chrisimon Post author

      Merci Ghaan pour ton commentaire. Je suis d’accord avec toi les retours d’auteurs de romances et de thrillers sur l’offre Eclair seraient intéressants. Les éditeurs de niche n’ont guère plus de moyens que nous, mais effectivement en trouver un, permettrait peut-être de développer la version papier, si cet éditeur a un diffuseur. Pour ce qui est des pubs Facebook, je ne suis pas convaincue, dans la mesure où avec un lien affilié à l’appui, je n’ai pas trouvé des résultats significatifs rapport causes à effets. je veux dire par là qu’il n’y a pas d’achats directs significatifs sur les pubs Facebook, donc une perte d’argent, même si se sont des sommes minimes investies.

      Reply
  3. Marjorie

    Super article. Merci Chris et Laure.
    Pour ma part, l’offre éclair, si comme pour la plupart des auteurs a eu un effet éphémère sur les ventes et le classement, 5 dans dans le top 100, cependant elle m’a permis d’être remarqué. Grâce à cela, j’ai pu signer un contrat d’édition à l’étranger puis probablement un autre pour la France (mais rien n’est encore fait) . Donc mon bilan en terme de vente n’est pas extra, à peu près comme toi, 340 le jour ” J” pour retomber à 1 ou 2 par jour mais je vends autant de papier ( tu as raison Laure) donc l’un dans l’autre, depuis je m’y retrouve sans faire aucune promo . Et puis je n’ai que 10 commentaires dont un 3* pas très flatteur. C’est un guide pas une fiction donc c’est surement aussi différent mais nous sommes nombreux à en écrire aussi. Ce que je veux dire par là, c’est que l’offre éclair peut être un immense coup de projecteur sur votre ouvrage. Sans l’offre éclair et mon apparition soudaine dans le top 10, rien de tout cela ne serait jamais arrivé et cela indépendamment de la qualité de mon livre. L’agent littéraire francophile pour le marché coréen regarde tous les jours les publications des francophones. Je l’ignorais avant, mais l’accès au top 10 ou l’offre éclair, c’est comme une newsletter Amazon envoyée à tous les acteurs de l’édition selon la collection qui les intéresse. C’est à cette occaz que l’éditeur français et le coréen ont remarqué mon livre avant de me contacter. Car si pas mal de gens critiquent, tous surveillent ce qui se passe sur Amazon. Et cela au niveau mondial pour les éditeurs qui cherchent à agrandir leur catalogue. ( c’est fou quand y on pense, non ?)
    Je suis bien d’accord qu’il s’agit d’une course de fond le travail et la promo d’un auteur mais pour les indés, un petit coup de projo même éphémère, peut avoir des conséquences assez importantes. Tant pis si vous devez le vendre 0.99 comme moi ou Chris de toute façon, le rendement temps/argent ne sera jamais vraiment atteint avant le best-seller. Mais pour un best-seller, il faut avoir de la visibilité. Si vous n’avez pas votre propre réseau de fans pour assurer votre classement dans la continuité ou que vous ne pouvez capitaliser sur votre nom comme les indés très connus ou médiatiques, n’hésitez pas une seconde sur l’offre éclair. C’est peut-être qu’un accident, un méchant coup de bol dans ma vie d’auteure indé mais cela m’encourage fortement à persévérer et rien que cela, ça vaut son pesant d’or 🙂

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    1. chrisimon Post author

      Bonjour Marjorie, merci pour ton partage d’expérience, je suis d’accord pour le coup de projecteur. Et félicitations pour ces futures signatures. Bonne chance.

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  4. Cyril

    Quel est l’objectif pour un auteur-éditeur en participant à la Grosse Promo d’Amazon ? Ou en participant à n’importe quelle promo ?
    – Baisser la valeur de son livre ? Assurément non.
    – Faire plaisir à Amazon ? Peut être, mais n’espérez pas un retour d’ascenseur.
    – Vendre beaucoup de livres en une journée ?
    – Avoir plus de visibilité, trouver de nouveaux lecteurs ?

    Je penche toujours pour la dernière solution. La corollaire est que lorsque l’on fait une promotion de cette sorte, il faut avoir un objectif différent que vendre beaucoup de livres en une journée :
    – faire rentrer les lecteurs dans une série
    – faire connaître un univers
    – récolter des contacts avec des lecteurs (par une mailing list, c’est toujours mieux)
    – vendre les autres livres du même auteur
    – obtenir des commentaires supplémentaires pour avoir une “preuve sociale”
    – avoir plus de popularité en tant qu’auteur, plus de popularité pour ce livre, un meilleur classement dans les palmarès divers d’Amazon pour _être plus visible_

    D’ailleurs, on parle ici beaucoup d’Amazon et de l’offre éclair, mais les offres de Kobo et les promos qui vont avec doivent servir des objectifs similaires. Et les promotions faites en dehors des initiatives des boutiques aussi, même si elles ont un impact moins important qu’une _mise en avant directement sur le lieu de vente_.

    La grande braderie fonctionne si les éléments qui permettent de la faire fonctionner sont là :
    – choisir le titre le plus approprié (je m’étonne de voir des Tome 4 mis en offre éclair)
    – soigner son front matter et son back matter pour convertir des lecteurs opportunistes en contacts
    – soigner encore ces éléments pour faire lire d’autres livres du même auteur.
    – le faire à un moment où la visibilité du livre est en danger (repasser dans le top 100 par exemple)

    D’ailleurs, je fais une grande braderie sur un livre ce 25 octobre justement dans cette optique. Je mettrai l’accent sur Kobo pour faire en sorte d’avoir plus de lecteurs et de commentaires sur cette plateforme. Et sur Audible où ce titre existe mais n’a pas assez de visibilité à mon goût.

    Un exemple qui va dans le sens que j’évoque : j’ai republié en anglais sur Amazon.com et .co.uk plusieurs livres. Malgré des envois d’emails aux prospects de mes listes anglophones, ces livres ont vu 0 (zéro, nada) ventes. J’ai ensuite effectué des promotions payantes (donc je donne 30 ou 60 USD) de réductions de prix pour améliorer la visibilité de ces titres. J’ai aussi effectué des promos à prix gratuit (toujours en payant un site pour faire connaître cette promo). Dans un cas comme dans l’autre, j’ai enfin réussi à faire sortir ces titres de l’obscurité totale. Il y a encore du travail pour avoir 46 commentaires, mais petit à petit…

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    1. chrisimon Post author

      Bonjour Cyril, merci pour ton commentaire. Je fais toutes ces choses depuis la sortie de ma série Lacan et la boîte de mouchoirs et effectivement mon lectorat grossit petit à petit. Je retiens l’idée de choisir un titre stratégique pour une Offre Eclair comme le premier tome d’une série. Ça me paraît sans doute l’une des meilleurs raisons de le faire, car je suis d’accord avec Laure Lapègue sur le fait que l’Offre Éclair s’adressant d’abord aux lecteurs de la plateforme, c-a-d aux abonnés à L’offre Éclair est “anonyme et éphémère”, bien qu’elle apporte de la visibilité, ce qui est une bonne chose.

      Reply
  5. Jerome

    Il y aurait tant à dire sur cet excellent article ! Sur les offres éclair, mon expérience se rapproche de la tienne: mêmes causes, mêmes effets 😉
    Il n’empêche que, globalement, ces promotions sont (étaient ? à voir avec les 3 promos quotidiennes maintenant) très intéressantes, mais elles ne sont pas, à elles seules, la “silver bullet” ou la panacée.
    Elles font partie d’un ensemble de démarches, de présence et d’interactions, et offrent une exposition très intéressante, grâce à la “force de frappe du distributeur”, qui est, effectivement, essentiellement éphémère.

    En définitive, ce qui résume le mieux la démarche me semble être cet échange dans la fin de ton article, auquel j’adhère totalement.

    “Mon sentiment est que la persévérance, l’originalité et une certaine indépendance de l’auteur sont les clés d’un succès durable et satisfaisant. Qu’en penses-tu ?

    Tu vois probablement juste, Laure et merci pour tes réponses. En effet, le succès soudain d’un livre est un accident et un auteur, comme tout artiste, a plutôt intérêt à envisager son écriture dans la durée (long run). Il doit persévérer et préserver son désir d’écrire quel que soit le résultat immédiat.”

    Bref, C’est une course de fond bien plus qu’un sprint.

    Enfin, quant au prix, je ne peux m’empêcher de faire l’analogie avec les jeux mobiles où, les App Store et Google Play store ont tiré les prix vers le bas, 2,99, puis 0,99, puis le freemium, rendant de plus en plus difficile et risquée la production de jeux mobiles dont les budgets ne cessent de grimper. Pour l’avoir vécu professionnellement, cela impliquait une pression en termes d’objectifs de ventes énorme avant même que le jeu soit sorti…
    On a vu depuis trois ans le prix des ebooks indés se stabiliser autour de 2,99, voire parfois 3,99, ce qui me semble être un “juste prix” en tenant compte du marché. Ce prix permet également de moduler des promos (hors offres éclair), et reste raisonnable, “même pas le prix d’un latte” me disait un lecteur… 😉
    Et puis, il y a ce sentiment de la valeur relative, liée au prix, sur laquelle je rejoins totalement les propos de cet article.

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    1. chrisimon Post author

      Merci pour ton commentaire Jérôme, le long run est aussi ma vision de l’écriture et de l’autoédition. Cependant, j’aime bien faire des bilans sur mes expériences et surtout questionner les résultats ou retombées. On ne peut mesurer que les outils dont on a les tenants et les aboutissants, et sur les plateformes on n’a pas ces données, d’où comme le souligne aussi Laure Lapègue, l’importance d’une newsletter et d’un site/blog qui nous appartiennent.

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