Pourquoi en numérique ? Entretien avec Florence Clerfeuille, correctrice

Pourquoi en numérique ? est de retour, l’autoédition est en constante progression, de plus en plus d’auteurs s’autoéditent, ils se professionalisent. Il est temps chers auteurs de rencontrer et connaître les talents nécessaires au bon développement de l’autoédition.

Cette semaine je vous présente un auteur, aussi correctrice qui a une formation et une expérience atypique, un parcours qui l’a menée à l’autoédition numérique. Voici donc Florence Clerfeuille, que j’ai rencontrée par le biais de groupes d’auteurs :

Je baigne dans l’écriture depuis mes plus jeunes années, dans l’informatique depuis trente ans. Après une première vie professionnelle comme analyste-programmeur, je me suis reconvertie une première fois pour partir en mission humanitaire comme responsable finances et ressources humaines, et une seconde fois en 2009 pour créer mon activité d’écrivain public. Dans ce cadre, je fais principalement des récits de vie (ou biographies) et (ce qui nous intéresse ici) de la correction de manuscrits. Je travaille directement avec les auteurs, qu’il s’agisse de blogueurs, d’étudiants ou d’écrivains. J’écris aussi 🙂

J’ai notamment assuré la correction de la plupart des livres de Jean-Philippe Touzeau, dont les cinq premiers tomes de La femme sans peur (publiés entre le 12 décembre 2012 et le 20 décembre 2014) et le premier tome de Les trois extases (publié le 2 avril 2015). Tous sont disponibles sur Amazon.

Les trois extases - JP Touzeau

 

Florence Clerfeuille répond à cinq questions

 

1. Comment es-tu arrivée dans le numérique ?

Dans les années quatre-vingt, j’étais déjà analyste-programmeur. Autant dire que j’ai connu la préhistoire de l’informatique ! Depuis, si j’ai changé de vie professionnelle à deux reprises, j’ai toujours utilisé l’ordinateur comme outil. J’ai aussi gardé le goût de créer en numérique et je suis passée avec bonheur des logiciels de gestion aux sites Internet (pour partager mes voyages au long cours puis présenter mon activité professionnelle), aux blogs… Je publie aussi mes propres livres en numérique depuis quelques années.
Pourtant, comme de nombreuses personnes, j’ai commencé par penser que j’aimais trop le contact du papier pour pouvoir lire en numérique. Mais comme je suis curieuse, j’ai voulu essayer… et j’y ai pris goût ! Dès lors, j’ai eu envie de participer à ce grand élan créatif.

 

2. Quelles sont les prestations que tu proposes ? Décrire et expliquer tes services en détails (formats, genres littéraires, langues) ?

Je fais de la correction de manuscrits en langue française. Le format importe peu, le genre aussi, même si j’évite la littérature sentimentale et érotique.  Ma préférence va à la littérature générale et aux policiers, mais je ne dédaigne ni les thrillers ni la science-fiction, ni les ouvrages pratiques. Dans tous les cas, j’assure la correction orthotypographique des textes. Je vérifie donc l’orthographe, la grammaire, la conjugaison, mais aussi la typographie (souvent une grande part du travail !) sans oublier la cohérence de l’ensemble. Si un personnage vieillit de vingt ans entre deux chapitres, si un tutoiement se glisse au milieu d’une série de “vous” ou si une pendule se met à reculer, je le relève aussi ! Lorsqu’une formulation me paraît maladroite ou peu claire, je fais des propositions pour améliorer les choses. C’est ensuite à l’auteur de choisir ce qu’il préfère.
Je fais aussi du conseil en écriture : dans ce cas, je réalise une fiche de lecture dans laquelle je liste les points forts et les points faibles du texte qui m’a été transmis. Là aussi, je traque les éventuelles incohérences.

 

La femme sans peur Bestseller

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3. Rencontres-tu tes clients ou tout peut se faire via le net ? Comment travailles-tu avec ton client ? As-tu un mode de fonctionnement particulier ?

Toutes les configurations sont possibles, mais avec l’avènement d’Internet je travaille essentiellement à distance. Il y a des gens que je n’ai jamais vus, ni entendus au téléphone. D’autres que je rencontre régulièrement, juste pour le plaisir de discuter écriture avec eux. Jean-Philippe fait partie de ceux-là 🙂
Dans tous les cas, j’établis un devis en me basant sur le nombre de signes du texte. Ce nombre s’entend espaces comprises (l’espace, en typographie, est bien féminine !) car lors de la correction les espaces exigent autant d’attention (si ce n’est plus) que les autres caractères : sont-elles toutes présentes ? insécables lorsque c’est nécessaire ? n’y en a-t-il pas au contraire en trop ?
S’il accepte mon devis, l’auteur m’envoie son document au format traitement de texte. Je lui renvoie deux fichiers : l’un dans lequel toutes les modifications apportées sont visibles (ce qui permet de visualiser le travail réalisé) et un autre dans lequel ces modifications ont été prises en compte et validées. Il me paye par chèque ou via Paypal, comme il préfère.
Comme on ne peut pas tout voir en même temps, je fais trois passages sur les textes qui me sont confiés : un premier sur écran, un deuxième sur papier (on ne porte pas le même regard dessus) et un troisième sur écran.

 

Cette étape de la correction est indispensable pour assurer votre crédibilité comme auteur. Un logiciel de correction ne suffit pas, la fonction correction d’un traitement de texte encore moins ! Un regard humain est nécessaire.

 

4. As-tu des conseils particuliers pour les auto-publiés ?

Cette étape de la correction est indispensable pour assurer votre crédibilité comme auteur. Un logiciel de correction ne suffit pas, la fonction correction d’un traitement de texte encore moins ! Un regard humain est nécessaire. Si vous n’avez pas les moyens de rémunérer un professionnel, intégrez un groupe d’auteurs qui propose de l’échange de services (ex. : http://autoedition.hebergratuit.net/participez-au-troc-services/ ; vous pourrez aussi m’y trouver), usez et abusez des gens de votre entourage… Soyez certains d’une chose : vous connaissez trop vos textes pour être capable d’y débusquer toutes les erreurs. Seul un œil extérieur est suffisamment pointu pour y arriver et même après plusieurs passages, il est bien rare qu’il n’en reste pas.
Lorsqu’elles prennent leur travail vraiment au sérieux, les maisons d’édition soumettent les textes qu’elles vont publier à plusieurs correcteurs professionnels successifs. Ce n’est pas pour rien !

 

5. Comment vois-tu l’avenir de l’édition numérique ?

Je suis sûre que l’édition numérique va se développer. La tendance est là et à mon avis, elle n’est pas près de s’inverser. De plus en plus de gens sont conquis par le confort de lecture des liseuses, leur faible poids, la possibilité qu’elles offrent d’emmener toute une bibliothèque dans sa poche ou d’adapter la taille des caractères à sa vue. Sans compter que les nouvelles générations pensent et vivent de plus en plus en numérique : à l’école primaire, les tableaux blancs interactifs remplacent les tableaux noirs et on twitte. Tout cela va influencer les modes de lecture.
Pour l’autoédition, en tout cas, il est clair que le numérique est une excellente option, qui permet de se faire connaître et d’aller à la rencontre de ses lecteurs sans gros investissements.
Un autre énorme avantage du numérique est la facilité avec laquelle il est possible de prendre en compte les corrections nécessaires. Si je signale des erreurs à un auteur dont je lis le livre pour mon plaisir (ce que je fais souvent), il peut les corriger le jour même et proposer aussitôt la version mise à jour à la vente. Sur une édition papier, c’est plus compliqué et plus lent ; les corrections nécessaires ne peuvent être prises en compte que lors d’un retirage.

 

Le site Internet de correctrice de Florence : http://www.amotsdelies.com
Le blog de Florence : http://www.amotsdelies.com/blog

 

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs de l’autoédition, qui fournissent corrections, codage, etc.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre dans la rubrique Pourquoi en numérique ?

2 thoughts on “Pourquoi en numérique ? Entretien avec Florence Clerfeuille, correctrice

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