L’autoédité numérique : paria ou modèle économique ?

Volet 3

Le succès populaire et commercial des livres numériques autoédités My Blood Approves de Amanda Hocking ou Riptide de Michael Prescott (vendu à plus de 800 000 exemplaires) aux États-Unis  ;  les succès, géographiquement plus proche, de Catch Your Death de Louise Voss & Mark Edwards ou encore de The Case of the Missing Boyfriend de Nick Alexander, avec contrat de maison d’édition traditionnelle à la clé et traduction dans nombreux pays, démontrent que l’autoédition participe au développement du livre numérique. L’accroissement de la lecture sur liseuse électronique a révélé des auteurs jusqu’ici inconnus, dont les manuscrits souvent avaient été refusés par les éditeurs traditionnels.

Longtemps je me suis  imprimé de bonne heure…

Le développement du livre numérique passe-t-il par ce que les anglophones appelaient autrefois “vanity press”,  qui aujourd’hui se métamorphose en “self-publisher” ou “independent writer” ? Que se passe-t-il dans la sphère francophone ? Pour l’instant quelques auteurs s’autoéditent et un seul auteur, David Forrest, proclame 10 000 ventes numériques pour son livre En SÉRIE Journal d’un Tueur. Un signe encourageant pour les quelques autoédités francophones qui tentent leur chance…

Un auteur aujourd’hui peut, comme je le fais, publier un livre et le distribuer dans le monde entier sur les plateformes avec liseuse/tablette intégrée : Amazon, Apple, Barnes & Noble, Kobo et Sony sans passer par la case éditeur. Cette nouvelle donne fait bouger les frontières géoculturelles et mentales.

Les frontières mentales :

L’autoédité n’est pas un auteur raté à l’égo surdimensionné. Non, ses manuscrits n’ont pas tous été obligatoirement refusés par Gallimard ou P.O.L, mais par Belfond aussi ! 😉 Quel auteur n’a pas eu de manuscrits refusés ?

L’autoédité est un auteur qui écrit, souvent depuis longtemps. Il aime l’aventure, il croit en ce qu’il fait et a compris que l’édition était à quelques clics de ses rêves et non plus sur le chemin du bureau de poste. Du coup, il ne se contente plus d’écrire un roman ou un recueil de nouvelles, il :

  • L’édite, le corrige, le met en page
  • L’adapte aux divers formats des plateformes de distribution (epubs, mobi…)
  • Fabrique une couverture et un quatrième de couverture
  • Le publie sur les plateformes intégrées : Amazon, Apple, Barnes & Noble, Kobo, Sony et la plateforme indépendante Smashwords (les mêmes +Fnac et Diesel)
  • Et en fait la promotion grâce aux réseaux sociaux sans débourser un euro

Oui, la maison d’édition numérique idéale fait le même travail, excepté une chose : écrire le livre.

L’autoédité publie sans structure lourde à gérer. Il a besoin d’un ordinateur et d’apprendre quelques logiciels. Il travaille à promouvoir son livre gratuitement via les réseaux sociaux en pyjama dans sa chambre ou son salon toute la nuit s’il le veut. L’autoédité est son propre employé. Il peut se refuser un salaire et des congés payés ! 😉

Il a donc une flexibilité plus grande qu’une maison d’édition qui doit :

  • Se structurer vite
  • Payer des gens pour le codage, les maquettes, le marketing et la promotion, etc.
  • Satisfaire des auteurs
  • Génèrer des ventes pour survivre

L’autoédité n’a pas ces contraintes. Il peut publier ce qu’il veut, tenter l’improbable ou l’impossible. Si le livre accroche, il peut gagner gros jusqu’à 70% du prix de vente qu’il fixe lui-même (100% du prix s’il vend directement sur son site). Si ça ne marche pas, il n’a rien perdu, il aura gagné au moins des lecteurs, si infime soit leur nombre son livre aura été lu. Si ça marche, il gagne gros (de 70 à 100% du prix de vente de son livre). On est loin des 8 à 15% pratiqués dans l’édition papier contre 25 à 30% dans l’édition numérique.

La maison d’édition numérique doit :

  • Lire beaucoup de manuscrits 😉
  • Corriger, faire un travail de réécriture
  • Définir une politique littéraire, une cohésion et lancer diverses collections.
  • Vendre à moyen et long-termes pour se développer et durer.

L’autoédité, lui, n’a pas cette pression commerciale bien que son but est de vendre aussi. Sa micro-entreprise n’engage que lui et peu de frais. Et de même que l’éditeur numérique il vend sur les plateformes intégrées. Exemple :  La légende de Little Eagle , livre autoédité de Florian Rochat.

La légende de Little Eagle
En vente sur Amazon, iBookStore, Barnes&Noble, Fnac

Conclusion :

L’autoédité est nécessaire au développement du livre numérique, il a les moyens d’en être un des poumons, il :

  • Apporte la diversité, le tout et n’importe quoi aussi 😉 !
  • Renouvelle la littérature à moindre coût
  • Risque le ridicule ou le succès
  • Essuie les plâtres
  • Contribue au développement des outils

De l’autoédition viendra de bons livres et aussi de mauvais. Il ne faut pas craindre le mauvais, mais plutôt se réjouir du bon qui en sortira. Pendant des années, de mauvais livres ont été publiés par l’édition traditionnelle aussi ! 😉

Les frontières géoculturelles :

Non. Tout ce qui est sur internet n’est pas gratuit.

On paie pour s’approprier des biens matériels : meubles, vêtements, nourriture.

On paie aussi pour les biens immatériels : musique, films, livres numériques, car de même qu’on sait qu’il y a des gens qui travaillent pour fabriquer vêtements, meubles, voitures, scooters… Il y a des gens qui travaillent pour produire livres, films, musique… : les artistes, mais pas que.

Si vous voulez un travail sympa dans les années à venir, misez sur les auteurs et les livres numériques. Ce secteur créera de nouveaux emplois si vous achetez les oeuvres. Si vous les piratez et bien vous serez au chômage 😉 ! C’est mathématique !

Alors que l’édition numérique aurait dû abattre les frontières géographiques, je m’aperçois que ce n’est pas encore le cas. Disons qu’elle les repousse.

D’une part, la législation des droits d’auteurs est différente d’un pays à l’autre et d’autre part l’accès en France aux plateformes de distribution reste difficile. Exemple : l’autoédité de France doit passer par Smashwords (société basée aux États-Unis) pour figurer au catalogue de La Fnac (société basée en France).

Auteurs anonymes

Plateformes de distribution intégrées :

  • Gratuites
  • Prennent un pourcentage uniquement sur les ventes. Prix pratiqué : 30% du prix de vente quel que soit le prix du livre.
  • Font des promotions, des offres gratuites sur leurs sites et leurs réseaux sociaux
  • L’auteur garde les droits sur son oeuvre

L’autoédité est exclu sur la majorité des plateformes françaises qui pour la plupart s’apparentent à un système de librairie ne proposant pas une liseuse ou tablette : Fnac, immatériel, epagine, Babelio, Orange, My Boox, LibFly …

Les maisons d’édition numériques ont ici un avantage sur l’autoédité, elles ont leurs catalogues sur ces plateformes/librairies.

Une nouvelle sorte de maisons d’édition/libraire hybrides se développent. Ces structures sont plus proches de la plateforme de style Smashwords que de la maison d’édition sauf qu’elles prennent une commission beaucoup plus élevée :

Une maison d’édition/libraire propose:

  • Correction orthographe du manuscrit (pas systématique)
  • Mise aux divers formats (via Smashwords)
  • Mise en ventes sur Amazon, Apple, Kobo, Sony et B&N, Fnac (via Smashwords)
  • Mise en vente sur le site de la maison (qui la plupart du temps ne génère que très peu de trafic)
  • L’auteur garde les droits sur son oeuvre

Tarif des prestations : Gratuit ou majoré d’un prix fixe selon les structures, puis s’ajoute 10 à 20% sur les ventes en plus de la commission des distributeurs intégrés (30%), et Smashwords (10%)

20% ? C’est beaucoup pour une simple mise en format. D’autant plus que Smashwords propose un guide et tous les outils, avec conversion de formats automatique dont l’autoédité a besoin et ne prend que 10% tout en offrant une meilleure visibilité (promotion, marketing). De plus, ces éditeurs/libraires distribuent rarement sur les paletformes non-intégrées comme immateriel, epagine, Babelio, Orange, My Boox, LibFly …

Soit courageux(se), écris !

Conclusion :

L’autoédition n’est pas pour tout le monde. Les auteurs ont le choix. Certains choisissent l’édition numérique, d’autres le fait à la maison.

Cependant, l’autoédité doit être vigilant. Ne pas être dupe. Ne pas confondre une maison d’édition numérique avec un “éditeur/libraire” qui utilise des outils simples et accessibles à tous et va parfois jusqu’à faire payer aux auteurs des prestations en plus des 20%. C’est un intermédiaire qui me paraît inutile et couteux d’autant plus qu’il offre beaucoup moins qu’un éditeur numérique, et pas beaucoup plus que l’autoédition compte tenu du stade prénatal dans lequel se trouve le marché francophone).

Si l’autoédition n’est pas votre solution, tenter les éditeurs numériques qui font un vrai travail d’édition : publie.net, NumérikLivres, Emue … Mais qui, peut-être, refuseront votre manuscrit comme au bon vieux temps ! 😉

J’invite les plateformes françaises à ouvrir leurs portes aux autoédités, pour ne pas contribuer à les marginaliser et ne pas favoriser le développement de éditeurs/garages qui s’avèreront économiquement toxique. Il n’est pas besoin d’exclure pour s’imposer. L’autoédité n’est pas une concurrence pour ces plateformes, au contraire il contribue à leur faire gagner de l’argent et générer du trafic. Amazon et iTunes l’ont compris dès le départ.

Les autoédités représentent une force vive et sont une composante de ce nouveau marché. Que cela plaise ou non, ils ont un rôle à jouer. Le système micro-entreprise qu’est l’autoédition permettra peut-être à des auteurs de générer un salaire pour palier aux maigres emplois d’une économie moribonde, et peut-être même, de transformer le succès d’un livre en une aventure littéraire comme au bon vieux temps de la Beat Generation et du Nouveau Roman ! 😉

J’invite les autoédités et les lecteurs à témoigner, partager et échanger leurs expériences sur ce blog.

À suivre…

GOINGmobo, magazine of the Mobile Bohemian

Troisième volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le volet 1, le volet 2 et le volet 4

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L’indispensable : le guide des styles de Smashwords (téléchargement gratuit) http://www.smashwords.com/books/view/95819

 

Texte ©Chris Simon, photos ©Chris Simon ©Mopsy, ©Florian Rochat

38 thoughts on “L’autoédité numérique : paria ou modèle économique ?

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  6. Sediter

    Après un article si complet et tant de commentaires, je ne suis même pas sûr qu’il soit encore utile de commenter ici, mais j’aime parler ! 🙂

    Merci pour ce point de vue très intéressant, que je partage en grande partie. Mais comme je suis d’humeur récalcitrante je vais reprendre deux phrases qui ne me paraissent pas forcément évidentes

    “Si vous voulez un travail sympa dans les années à venir, misez sur les auteurs et les livres numériques. Ce secteur créera de nouveaux emplois si vous achetez les oeuvres. Si vous les piratez et bien vous serez au chômage ! C’est mathématique !”

    Sur ce point, je ne suis pas d’accord. Je pense qu’il est important pour les créateurs de contenus numériques d’en acheter eux-mêmes, car si même eux ne font pas cet effort, qui le fera ? En revanche, je ne pense pas que l’auto-édition (ou l’édition) devienne un marché assez juteux pour être créateur d’emploi. Encore une fois, les success stories font office d’exception si bien que je ne pense pas que le fait d’acheter des livres numériques m’aidera un jour à trouver un emploi.

    Une seconde phrase à contredire, et après j’arrête :

    “L’autoédité, lui, n’a pas cette pression commerciale bien que son but est de vendre aussi. Sa micro-entreprise n’engage que lui et peu de frais.”

    Sur ce point, je pense qu’il faudrait distinguer les autoédités qui se consacrent entièrement à l’autoédition de ceux qui ont un job alimentaire à côté. Finalement, les premiers, sauf s’ils sont rentiers, ont également cette pression commerciale. Car ils ont beau engager peu de frais, ils gardent ce besoin de faire des bénéfices.

    Plus que de savoir qui sont ceux qui gagnent des millions d’euros, ce qui m’intéresse est de savoir combien sont ceux qui en vivent, ce qui me semble nettement plus intéressant. Une grande majorité des auteurs (les plus raisonnables d’ailleurs) ont l’intelligence de ne pas rêver à des fortunes, mais de rêver de vivre de leur plume, ce qui est déjà fort ambitieux !

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    1. le baiser de la mouche

      Merci Sediter ! Oui d’accord avec toi, les auteurs en numérique, je l’espère, sont équipés d’une liseuse ou tablette ! 😉 ! Enfin comme pour la musique, le film, la télévision, les médias ; le livre est aussi une industrie (le livre n’est pas restreint à la littérature !) et embauche des compétences variées, donc crée des emplois. Il ne faut pas voir que l’auteur mais tous les métiers qui travaillent à la production d’une oeuvre . Et ça fait beaucoup d’emplois. Le numérique est l’avenir pour les journaux, les livres, les magazines et autres formats qui seront créés. Nouveau support = nouveau format ou forme littéraire/éducative/journalistique… Ça prendra quelques années, mais c’est en route ! Oui, d’accord avec toi, les auteurs ne rêvent plus de fortune, car ils n’ont plus besoin de vendre des millions de livres pour gagner leur vie. L’autoédition numérique leur permet de gagner plus en vendant moins ! 😉 Bonne journée !

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  7. TheSFReader

    Je ne sais pas si Chris va me censurer ou non. Ce serait justifié, après tout je vais faire ma pub dans ce message.
    En fait, c’est juste pour signaler à tous, éditeurs, lecteurs, auteurs etc. que si vous êtes dans le numérique, le forum lire-numerique.com est ouvert à vos discussions.

    Il n’y a aucun apriori négatif (bien au contraire) sur l’édition indépendante (pure-players ou auto), et je compte bie faire ce qu’il faut pour que ça reste comme ça.

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  8. Luc Fivet

    Je vous rejoins sur tous les points. J’ai créé ma propre structure, les Volubiles, pour publier mes livres et ceux d’auteurs amis sur mon site et sur les sites de vente comme Amazon et Fnac. Je sais que c’est une alternative qui peut marcher. Néanmoins, le plus dur sera de persuader les lecteurs que ces canaux indépendants sont porteurs de beaucoup de bons livres et de nouvelles façons de raconter une histoire. L’analogie avec laBeat generation me plaît ! Il faut aussi faire redescendre la littérature officielle de son piédestal : quand on en arrive à présenter comme écrivains des choses de l’acabit de Marc Lévy ou Guillaume Musso, c’est que quelque chose cloche…

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    1. le baiser de la mouche

      Merci pour ce commentaire. J’ai visité votre site. Le nom me plaît. Une structure comme la votre est une bonne idée. Il faut échanger plus entre structures et auteurs indépendants, diffuser nos infos respectives auprès des lecteurs, expliquer nos livres, notre démarche pour que les lecteurs découvrent nos livres mais aussi soutiennent notre démarche. À bientôt donc! 😉 !

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  9. le baiser de la mouche

    Marché ebooks en France : 1.8% de part de marché avec 25’000 titres et un prix moyen de 12 Euros.
    Source : The Global eBook Market by Publishers Weekly
    1,8 % Ça laisse beaucoup de marge et de place pour tout le monde ! 😉

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    1. TheSFReader

      Sans oublier que les lecteurs en Français ne se limitent pas à l’hexagone.
      Et oui, le marché est encore balbutiant en France. Aux US, l’équilibre numérique/papier n’est pas encore atteint, et le numérique représente déjà 20% des livres vendus.

      En France, je veux bien croire que le seuil d’équilibre sera plus bas qu’aux US, mais il y a encore beaucoup de marge effectivement.

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  10. le baiser de la mouche

    Merci Luc, j’apprécie ! Merci pour tes liens aussi qui seront utiles à beaucoup de personnes.La création est une forme de bricolage, du moins il commence tjs un peu comme ça… Tu commences un truc tu ne sais pas trop ce que c’est, mais tu continues et parfois cela donne quelque chose qui intéresse les autres…

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  11. Luc Prévost

    Bon billet !
    Beau site!
    Belle bataille:-) !

    Quelques commentaires en vrac :

    Il n’y a que dans le monde du livre où les créateurs souffrent du syndrome de Stockholm.

    Il ne faut pas oublier que c’est l’industrie de l’édition qui à créer le terme « vanity press ». Les cinéastes s’autopublient depuis Méliès et personne n’y trouve à redire. Les architectes construisent leur propre maison pour démarrer leur carrière et on les applaudit. Les musiciens ont leur studio et parfois jouent TOUS les instruments de leur album et on les adore précisément pour cela… Ce phénomène ne ralentit pas, il s’accélère dans tous les domaines de la création. Le petit plumitif, dans la noirceur de son égo, ne serait cependant qu’un vaniteux ?

    Dans un monde parfait, voici un exemple de relation symbiotique souhaitable :
    http://www.enviedecrire.com/travailler-avec-son-editeur-fabrice-gaignault/
    Dans la vraie vie ?
    http://www.lucprevost.com/content/le-mythe-de-la-correction-en-maisons-d%C3%A9dition

    Beaucoup d’auteurs autopubliés créent une structure pour leurs besoins propres et n’annoncent pas qu’ils sont autopubliés. Il existe donc actuellement des succès d’autopublication qui n’apparaissent pas sur notre radar…

    Les millionnaires sont rares partout, même dans l’édition classique !
    Et depuis quand jugeons-nous la qualité au retour sur l’investissement en littérature ?

    L’autopublication fera plus pour la littérature que beaucoup de maisons d’édition, car croire savoir ce que les lecteurs veulent conduit directement au préformatage qui est l’antithèse de l’art. SVP, ne pas croire que je n’apprécie pas le travail des maisons d’édition. Mes tweets (@AutoPublication) quotidiens témoignent du contraire.

    J’ai créer une carte heuristique sur les « maths de l’autopublication »: http://www.lucprevost.com/content/les-maths-de-lautopublication. Je prends la peine d’y rappeler le besoin d’être chanceux pour devenir un millionnaire de l’édition, selon les mots de Konrath… 😉

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  12. Lordius

    Très bonne analyse, bien détaillée. On sent l’expérience du sujet.
    Moi aussi, je me suis essayé à l’auto-édition numérique :
    http://lordius1er.blogspot.fr/p/bibliographie.html

    Toutefois, je ne partage pas ton optimisme. Le marché des ebooks en langue française est encore embryonnaire. Je préfère viser les éditions traditionnels qui, de plus en plus et de mieux en mieux proposent une version numérique de leurs ouvrages papier.

    Reply
    1. le baiser de la mouche

      Merci Lordius de communiquer ton ouvrage autoédité. On se sent moins seul ! 😉
      Pour mon optimisme c’est une question de personnalité ou de nationalité !? 😉
      Tu me donnes un sujet : en effet quelle serait la difference dans l’avenir entre une édition traditionnelle qui publie papier et numérique et une édition numérique qui peut aussi publier avec le Print On Demand ? (comme l’auto-édité) 😉 Intéréssant !

      Reply
  13. Florian Rochat

    Merci @ TheSFreader pour son lien: http://selfpublishingsuccessstories.blogspot.fr/ que je ne connaissais pas. Les listes qu’il contient confirment ce que dit Joe A. Konrath: beaucoup d’auteurs qui n’auraient pas “existé” sans l’autopublication parviennent à gagner des sommes d’argent substantielles grâce à cela, et beaucoup beaucoup d’autres ont des revenus bien plus modestes. Donc, dans l’ensemble, il est juste de dire que jamais autant d’auteurs n’ont jamais gagné autant d’argent – aussi relatif que ce soit dans de nombreux cas. Reste que les auteurs anglo-saxons bénéficient d’un net avantage sur ceux appartenant à une autre culture: l’énorme marché de cette langue.
    Reste une réalité valable partout: les ventes de livres sont en général misérables. 1500 en moyenne pour un roman en France, 80 % des romans en-dessous de 2000 exemplaires… dont beaucoup aussi à 3,4 ou 500…

    Reply
    1. le baiser de la mouche

      Un lien pour Joe A. Konrath ? Oui le marché francophone est bien plus petit. Et l’équipement des lecteurs encore faible. Une chose est sûr un auteur vendra moins chers ses livres pour gagner une somme équivalente à l’édition papier.
      Un exemple : 70% de 2,99 euros = 2,09 – 10% de 18,00 euros = 1,80. Il y aura beaucoup plus de lecteurs de livres à 2,99 qu’à 18,00 euros dans le futur… 😉

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      1. TheSFReader

        Tiens, plusieurs liens (en anglais) pour le prix d’un :

        J.A. Konrath http://jakonrath.blogspot.fr/ un auteur publié traditionnellement , qui a fini par s’auto-publier. (son dernier billet notamment parle justement du prix des ebooks.)

        Kristin Kathryn Rusch et Dean Wesley Smith http://kriswrites.com/ et http://www.deanwesleysmith.com/ : deux vétérans de l’édition US (tant côté éditeur qu’auteur), qui montent leur maison d’édition “pure-player” et donnent des avis TRES informés sur la transition vers le numérique, et les oppositions éditeur/auteurs

        The Passive Voice http://www.thepassivevoice.com/ : Le blog d’un avocat spécialiste du droit d’auteur. En plus de ses billets perso, entre autre sur les contrats, il y recense chaque jour sa “revue de presse” autour de l’édition numérique et l’auto-édition.

        Voilà une petite partie de mon blog-tour quotidien 😉

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  14. L'équipe éditoriale

    Florian, tu n’as pas tort non plus. Aussi, je crois qu’en tant qu’éditeur, c’est nôtre façon d’être et notre rapport avec les auteurs qui doit changer. On essaye de le faire, ce n’est pas facile mais nous persévérons.

    Reply
    1. le baiser de la mouche

      J’aime bien ce sujet, si vous voulez faire le volet 4 de ma série là-dessus, ça serait vraiment intéréssant.
      Et l’auteur aussi doit changer son rapport avec l’éditeur… Ya du boulot ! 😉

      Reply
  15. Florian Rochat

    – Ecrire pour des lecteurs, c’est le BA-ba pour tout auteur…
    – Les “millionnaires” de l’autoédition sont rares, effectivement. Même aux Etats-Unis, où ils disposent pourtant d’un immense marché (celui de leurs frontières, et celui de la langue anglaise), mais où ils sont aussi beaucoup plus nombreux. Il faut se faire à l’idée que les best sellers – quelle que soit la forme de publication – sont par définition des exceptions. Cela dit, grâce à l’autopublication et aux royalties élevées offertes par Amazon, un des gurus de la chose, Joe A. Konrath, affirme que jamais autant d’auteur n’ont gagné autant d’argent (même si ce n’est pas énorme) qu’aujourd’hui.

    – Nous savons ce que les lecteurs ont envie de lire… Je ne crois pas à cela. C’est ce qu’ont dit les éditeurs qui ont refusé Millenium et Harry Potter. La grande diversité de titres offerte par le numérique rend les lecteurs-cliqueurs plus aventureux. Ils achètent (grâce aux échantillons gratuits) des livres qui devraient leur plaire. Et c’est vrai que c’est surtout dans la littérature de genre que ça marche.

    – L’auto-édition sera acceptée d’ici quelques années en France et en Europe, au fur et à mesure que grandira le “parc” des lecteurs numériques et l’importance de l’offre des ebooks de toutes provenances. D’ici là, elle sera conchiée encore par les milieux médiatico-éditoriaux bien pensants…

    Reply
    1. TheSFReader

      Oh, mais les millionnaires ne sont qu’une partie de l’iceberg… Tiens, prenons par exemple ces 145 auteurs ayant vendus plus de 50 000 livres …Peutêtre pas tous millionnaires, mais on n’en sait rien…

      Et oui, il y a encore quelques années (et c’est encore le cas dans certains milieux), les auteurs auto-édités étaient aussi bien considérés là bas qu’ils le sont ici de nos jours.

      Reply
      1. le baiser de la mouche

        Bonjour TheSFreader, Ce qui avait et a toujours mauvaise presse est l’auteur qui paie pour publier son livre (vanity press), cela existe tjs en Europe et outre atllantique. Les nouveaux outils dans l’édition comme le Print on Demand et le numérique créent de nouveaux créneaux de publication possible pour l’auteur. Il devient un autoédité dans le monde francophone.

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    2. le baiser de la mouche

      Les best sellers sont des ovnis (une part de chance, une part d’accident) des paramètres non calculables, oui et la plupart des auteurs ne sont pas best sellers, mais oui, avec l’autoedition numérique ils peuvent gagner de l’argent et vivre mieux dans le sens ou ils pourront peut-être arrêter leur boulot alimentaire ne serait-ce que pour un an ou deux !

      Reply
  16. L'équipe éditoriale

    Tu as raison, Chris, quand tu dis que l’auto-édition est sans nul doute, un moteur pour le numérique. Mais tu sais aussi que l’auto-édition n’est pas en Europe aussi bien acceptée culturellement parlant que dans les pays anglo-saxons. En Europe, et en particulier en France, l’édition est une chasse gardée, la littérature appartient à une élite bien pensante qui fait tout pour mettre des batons dans les roues de la lecture numérique. Normal, avec le numérique, c’est tout le modèle économique des éditeurs qui est remis en question. Pour autant, il faut faire attention à ne pas se bercer d’illusions. Ils sont rares les “millionnaires” de l’auto-édition et pour l’instant c’est un phénomène très anglo-saxons. Et encore là, il s’agit d’effets d’annonce.
    Oui, en temps qu’éditeur 100% numérique, nous sommes obligés de faire une sélection et nous refusons plus de manuscrits que nous n’en n’acceptons tout simplement parce qu’avec l’expérience, nous savons ce que les lecteurs ont envie ou non de lire. In fine, numérique ou papier, ce sont les lecteurs qui décident en bout de ligne. Ainsi, recueil de nouvelles et poésie, ne se vendent pas plus en numérique qu’en papier. Seule la littérature de genre (polar, SF, érostisme, romance) tire son épingle du jeu autant dans le papier que dans le numérique. Je crois qu’il est important que les auteurs auto-édités ou non prennent conscience que l’on doit écrire pour des lecteurs (et non pour soi et pour faire plaisir à son entourage). Auto-édité ou pas, il faut faire preuve de pragmatisme, quoi qu’il soit et viser qu’un seul objectif: la qualité.

    Reply
    1. le baiser de la mouche

      Merci d’apporter ton point de vue ! C’est important de se poser des questions et de les poser sous différents angles, ça fait avancer. Tu vis le numérique de l’intérieur en tant qu’éditeur et tu confirmes mes humbles observations. Pour ce qui est de la chasse gardée, elle n’est plus si bien gardée que ça Musso et Levy ont conquis tous les critiques littéraires des médias !;-) Les recettes et le succès calment les esprits… Continue de faire ce que tu fais, tu le fais très bien !

      Reply

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